Les Instructions Secr�tes des J�suites

(Monita Secreta)

D�apr�s le Manuscrit Authentique

Les Secrets des J�suites

(Monita Secreta)

Avertissement

Les Monita Secreta, ou Instructions secr�tes des J�suites, Ont �t� publi�es pour la premi�re fois � Cracovie en 1612. D'autres �ditions suivirent : celle de Paderborne 1661, et, en France celles de 1718, 1819, 1824, 1845, 1861, 1867, 1876, enfin celle publi�e chez Corn�ly en 1901. Toutes sont introuvables aujourd'hui.

Le, texte que nous publions est celui qui a �t� collationn� sur le manuscrit du P�re Brothier, dernier biblioth�caire des J�suites de Paris avant la R�volution. Il est conforme au manuscrit authentique des Archives de la Belgique, au Palais de Justice, � Bruxelles.

Catalogu� sous le n� 730, il provient d'un Coll�ge dit Limbourg hollandais o� il fut saisi lors de la suppression des J�suites dans tes Pays-Bas, en 1773.

Il en est fait acte dans le, Protocole des d�lib�rations du comit� �tabli pour les affaires r�sultant de la suppression de la Soci�t� des J�suites aux Pays-Bas, 25 octobre 1773, avec signatures de MM. les conseillers Leclerc, le comte Philippe Nouyi, Cornet de Grez, Limpeux et Turck.

Pr�face

Que les sup�rieurs gardent et retiennent entre leurs mains, avec soin, ces instructions particuli�res et qu'ils les communiquent seulement � quelque peu de prof�s ; instruisant de quelques-unes les non-prof�s, lorsque l'avantage de la Soci�t� le demandera, et cela sous le sceau du silence et non comme si elles avaient �t� �crites par un autre, mais prises de la propre exp�rience de celui qui les dit. Comme plusieurs des Prof�s sont instruits de ces secrets, la Soci�t� a r�gl� depuis son commencement que ceux qui les sauraient ne puissent se mettre dans aucun des autres ordres, except� dans celui des Chartreux, � cause de la retraite on ils vivent et du silence inviolable qu'ils gardent, ce que le Saint-Si�ge a confirm�.

Il faut bien prendre garde que ces avertissements ne tombent entre les mains des �trangers, parce qu'ils leur donneraient un sens sinistre, par envie pour notre ordre. Que si cela arrive (ce qu'� Dieu ne plaise!) que l'on nie que ce soient l� les sentiments de la Soci�t�, en le faisant assurer par ceux que l'on sait de certitude l'ignorer, et en leur opposant nos instructions g�n�rales et nos r�gles ou imprim�es ou �crites.

Que les sup�rieurs recherchent toujours avec soin et avec prudence si quelqu'un des n�tres n'a point d�couvert � quelque �tranger ces instructions; car personne ne les copiera ni pour soi ni pour un autre, ni ne souffrira qu'on les copie, que par le consentement du g�n�ral ou du provincial, et si l'on doute si quelqu'un est capable de garder de si grands secrets, qu'on lui dise le contraire et qu'on le renvoie.


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Instructions Secr�tes des J�suites

(Monita Secreta)

Chapitre Premier

De quelle mani�re
la Soci�t� doit se conduire
lorsqu�elle commence quelque Fondation.

01. Pour se rendre agr�able aux habitants du lieu, il importera beaucoup d'expliquer la fin de la Soci�t�, telle qu'elle est prescrite clans les r�gles, o� il est dit que la Soci�t� doit s'appliquer avec autant d'efforts au salut prochain qu'au sien propre. C'est pourquoi il faut faire les plus humbles offices dans les h�pitaux, aller voir les pauvres les afflig�s et les prisonniers. Il faut ou�r les confessions promptement et indiff�remment afin que les plus consid�rables habitants du lieu admirent les n�tres et les aiment, � cause de la charit� extraordinaire que l'on aura pour tous et la nouveaut� de la chose.

02. Qu'ils se souviennent tous de demander modestement et religieusement le moyen d'exercer les minist�res de la Soci�t� et qu'ils t�chent de gagner la bienveillance principalement des eccl�siastiques et des s�culiers de l'autorit� desquels on a besoin.


Chapitre II

De quelle mani�re les p�res de la Soci�t�
pourront acqu�rir et conserver la familiarit�
des Princes des Grands et des personnes les plus consid�rables.

01. Il faut faire tous nos efforts pour gagner partout l'oreille et l'esprit des princes et des personnes les plus consid�rables, afin que personne n'ose s'�lever contre nous; mais, au contraire, que tous soient oblig�s de d�pendre de nous.

02. Comme l'exp�rience enseigne que les princes et les grands seigneurs sont principalement affectionn�s aux personnes eccl�siastiques, lorsque celles-ci dissimulent leurs actions odieuses, et qu'elles les interpr�tent favorablement, comme on le remarque dans les mariages qu'ils contractent avec leurs parentes ou alli�es, ou en de semblables choses, il faut encourager ceux qui les font, en leur faisant esp�rer d'obtenir facilement, par le moyen des n�tres, des dispenses du pape, qu'il accordera si on lui explique les raisons; si l'on produit des exemples semblables, et si l'on expose les sentiments qui les favorisent, sous pr�texte du bien commun et de la plus grande gloire de Dieu, ce qui est le but de 1a Soci�t�.

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03. Il faut faire de m�me, si le prince entreprend quelque chose qui ne soit pas �galement agr�able � tous les grands seigneurs; il faut l'encourager et le pousser, et porter les autres � s'accorder avec le prince et � ne pas le contredire; mais, en g�n�ral sans descendre jamais � aucune particularit�, de peur que, si l'affaire �chouait, on ne l'imput�t � la Soci�t�; et enfin que, si cette action est d�sapprouv�e, on produise des avertissements contraires qui la mettent hors de cause, et que l'on emploie l'autorit� de quelques p�res, � qui l'on soit assur� que ces instructions sont inconnues, et qui puissent affirmer par serment que l'on calomnie la Soci�t�, � l'�gard de ce qu'on lui impute.

04. Pour s'emparer de l'esprit des princes, il sera utile que les n�tres s'insinuent adroitement, et, par quelques tierces personnes, pour faire pour eux des ambassades honorables et favorables chez les autres princes et rois, mais surtout chez le pape et les plus grands monarques. Par cette occasion, ils pourront se recommander, et avec eux la Soci�t�; c'est pourquoi il ne faudra destiner � cet office que des personnes fort z�l�es et fort vers�es dans notre institut.

05. Il faut gagner surtout les favoris des princes et leurs domestiques, par de petits pr�sents et par divers offices de pi�t�, afin qu'ils instruisent fid�lement les n�tres de l'humeur et de l'inclination des princes et des grands; et, ainsi la Soci�t� pourra facilement s'y accommoder.

06 L'exp�rience nous a appris combien il a �t� utile � la Soci�t� de .:e m�ler des mariages de la maison d'Autriche et de ceux qui se sont faits en d'autres royaumes, en France, en Pologne, etc., et en divers duch�s. C'est pourquoi il faut proposer prudemment des partis choisis, qui soient les amis et familiers des parents et des amis des n�tres.

07. On gagnera facilement les princesses par leurs femmes de chambre, et pour cela, il faut entretenir leur amiti�, car, par l�, on aura entr�e partout, et m�me dans les choses les plus secr�tes des familles.

08. Dans la direction de la conscience des grands seigneurs, nos confesseurs suivront le sentiment des auteurs qui .font la conscience plus libre contre le sentiment des, autres religieux, afin que, abandonnant ceux-ci, ils veuillent enti�rement d�pendre de notre direction et de nos conseils.


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09. Il faut faire part de tous les m�rites de la Soci�t�, tant aux princes qu'aux pr�lats et � tous ceux qui peuvent favoriser extraordinairement la Soci�t�, apr�s leur avoir signal� l'importance de ce grand privil�ge.

10. Il faut aussi insinuer habilement et prudemment le, pouvoir tr�s ample que poss�de la Soci�t� d'absoudre m�me des cas r�serv�s, en comparaison des autres pasteurs et religieux, et, de plus, de dispenser, � l'�gard des je�nes, des dettes que l'on a � rendre ou � exiger, des emp�chements des mariages et autres choses connues; ce qui fera que beaucoup de gens auront recours � nous et seront nos oblig�s.

11. Il faut les inviter aux sermons, aux confr�ries, aux harangues, aux d�clamations, etc.; les honorer par des vers, par des th�ses, et, s'il le faut, leur donner m�me des repas et les saluer en diverses mani�res.

12. Il faudra s'attirer le soin de r�concilier les grands dans les inimiti�s et dissensions qu'il y aura entre eux; car, par l�, nous entrerons peu � peu dans le commerce de ceux qui leur sont familiers, dans la connaissance de leurs secrets, et nous obligerons l'une ou l'autre des parties.

13. Si quelqu'un qui n'aime pas notre Soci�t� se trouve au service de quelque monarque ou de quelque prince, il faut travailler ou par nous-m�mes, ou plut�t par d'autres, � le rendre ami et familier � la Soci�t� par des promesses, par des faveurs, et par des avancements qu'on lui procurera de la part du monarque ou du prince.

14. Que tous se gardent de recommander aupr�s de qui que ce soit, ou d'avancer ceux qui sont sortis de quelque mani�re que ce soit de notre Soci�t�, et principalement ceux qui ont voulu sortir de leur propre mouvement, parce que, quoi qu'ils dissimulent, ils ont toujours une haine irr�conciliable pour la Soci�t�.

15. Enfin, que chacun se pr�occupe de gagner la faveur des princes, des grands et des magistrats de chaque lieu, afin, lorsque l'occasion se pr�sentera, d'agir vigoureusement et fid�lement pour nous, m�me contre leurs parents, alli�s et amis.


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Chapitre III

Comment la Soci�t� doit se conduire
� l��gard de ceuxqui sont de grande Autorit� dans l��tat
et qui, sans �tre riche, PEUVENT n�anmoins rendre d�autres services.

01. Outre ce qu'on vient de dire, et tout cela peut s'appliquer aux grands, il faut encore s'attirer leur faveur contre nos ennemis.

02. Il faut se servir de leur autorit�, de leur prudence et de leur conseil pour m�priser les biens et pour acqu�rir divers emplois qui puissent �tre exerc�s par la Soci�t�, en se .servant, tacitement et en secret, de leurs noms, dans l'acquisition des biens temporels, si l'on croit que l'on puisse assez s'y fier.

03.  Il faut se servir d'eux pour adoucir les personnes viles, et la populace contraire � notre Soci�t�.

04. Il faudra exiger ce que l'on pourra des �v�ques, des pr�lats et autres sup�rieurs eccl�siastiques, selon la diversit� des raisons, et le penchant qu'ils auront pour nous.

05. Quelquefois ce sera assez d'engager les pr�lats et les cur�s � faire en sorte que ceux qui leur sont soumis laient du respect pour la, Soci�t�, et qu'ils n'emp�chent point nos fonctions dans d'autres lieux, o� ils ont plus de puissance, comme en Allemagne, en Pologne, etc. Il leur faudra rendre de grands respects, afin que, par leur autorit� et par celle des princes, les monast�res, les paroisses, les prieur�s, les patronats, les fondations de messes, les lieux consacr�s, puissent tomber entre nos, mains ; car nous les pourrons facilement obtenir, l� o� les catholiques sont m�l�s avec les schismatiques et les h�r�tiques. Il faut remontrer � ces pr�lats l'utilit� et le grand m�rite de semblables changements, qu'on ne peut pas attendre des pr�tres, des s�culiers et des moines : s'ils les font il faut louer publiquement leur z�le, m�me par �crit, et rendre �ternelle la m�moire de leur action.

06. A cette fin, il faut t�cher que ces pr�lats se servent des n�tre, soit pour les confessions, soit pour les conseils ; que s'ils aspirent � de plus hauts degr�s dans la cour de Rome, il les faudra aider de toutes nos forces et par nos amis qui peuvent y contribuer en quelque chose.

07. Que les n�tres s'attachent, aupr�s des �v�ques et des princes, lorsqu'ils fondent des coll�ges et des �glises paroissiales, � ce que la Soci�t� ait le pouvoir d'y mettre des vicaires ayant cure d'�mes, et crue le Sup�rieur dit lieu, en ce temps-l�, en vit le cur�, afin que tout le gouvernement de cette �glise soit � nous, et que les paroissiens soient, tous soumis � notre Soci�t� en sorte que l'on puisse obtenir tout d'eux.

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08. L� o� ceux des acad�mies nous sont hostiles, l� o� les catholiques ou les h�r�tiques emp�chent les fondations, il faut agir par les pr�lats et occuper les premi�res chaires, car ; ainsi il arrivera que la Soci�t� fera conna�tre, au moins par occasion, ses n�cessit�s et ses besoins.

09. Il faudra, surtout, obliger les pr�lats de l'�glise, quand il s'agira de la b�n�diction ou de la canonisation des n�tres, et il faudra, en toutes mani�res, obtenir des lettres des grands seigneurs et des princes par lesquelles l'affaire soit avanc�e aupr�s du si�ge apostolique.

10. S'il arrive que les pr�lats ou les grands seigneurs fassent une ambassade, il faudra bien prendre garde qu'ils ne se servent d'autres religieux qui sont en rivalit� avec nous, de peur qu'ils ne fassent passer cette passion dans leur esprit, et qu'ils ne la portent dans les provinces et dans lies villes o� nous demeurons ; que si ces ambassadeurs passent dans les provinces et dans les villes o� la Soci�t� a des coll�ges il faut les recevoir avec beaucoup d'honneurs et d'affection, et les traiter aussi bien due la modestie religieuse le permettra.


Chapitre IV

Ce qu�on doit recommander
aux pr�dicateurs et aux confesseurs des Grands.

001. Que les n�tres dirigent les princes et les hommes illustres de fa�on � ce qu'ils paraissent seulement tendre � la plus grande gloire de Dieu , et � une telle aust�rit� de conscience que les princes m�mes voudront bien accorder ; car leur direction nie doit pas regarder d'abord, mais insensiblement le gouvernement ext�rieur et politique.

02. C'est pourquoi il importe de les avertir souvent que la distribution des honneurs et des dignit�s, dans l'�tat, regarde la justice; et que les princes offensent directement Dieu, lorsqu'ils n'y ont point d'�gard, et qu'ils agissent par passion ; qu'ils protestent sauvent et s�rieusement qu'ils ne veulent point se m�ler de l'administration de l'�tat, mais qu'ils parlent malgr� eux, par raison de leur devoir. Quand les princes auront bien compris cela, qu'on leur explique quelles vertus doivent avoir ceux que l'on choisit pour les dignit�s et pour les charges publiques et principales, et qu'on leur nomme et recommande enfin les amis sinc�res de la Soci�t�. Cela, n�anmoins, ne doit pas se flaire imm�diatement par les n�tres, mais se pourra faire de meilleure gr�ce par ceux qui sont familiers avec le prince, � moins qu'il ne force les n�tres de le faire.

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03. C'est pourquoi les confesseurs et les pr�dicateurs de notre Soci�t� seront inform�s, par des amis, de ceux qui sont propres � quelque charge que ce soit, et surtout qui sont lib�raux envers la Soci�t� ; qu'ils aient leurs noms, et qu'ils les insinuent, en leur temps, aux princes avec adresse, ou par eux-m�mes ou par d'autres.

04. Que les confesseurs et les pr�dicateurs se souviennent de traiter les princes avec douceur, et, en les caressant, ne les choquer ni dans les sermons, ni dans les entretiens particuliers, d'�carter d'eux toutes sortes de craintes, et d� les exhorter principalement � la foi, � l'esp�rance et � la justice politique.

05. Qu'ils ne re�oivent presque jamais de petits pr�sents poux leur usage particulier ; mais qu'ils recommandent la n�cessit� publique de la province ou du coll�ge ; qu'ils soient content � la maison d'une chambre, meubl�e simplement, qu'ils ne s'habillent pas trop proprement et qu'ils aillent promptement aider et consoler les plus humbles personnes du palais, de peur qu'on ne croie qu'ils ne sont pr�ts � servir que les grands seigneurs.

06. Aussit�t apr�s la mort des officiers, qu'ils aient soin de parler de bonne heure de leur substituer quelques amis de la Soci�t�, et qu'ils �vitent le soup�on d'arracher le gouvernement des mains du prince. C'est pourquoi, comme on l'a d�j� dit, qu'ils ne s'en m�lent pas directement, mais qu'ils y emploient des .amis fid�les et puissants, qui puissent soutenir la haine s'il arrive qu'il y en ait.


Chapitre V

Comment il faut se conduire � l��gard des religieux
qui remplissent dans l��glise les m�mes fonctions que nous.

01. Il faut supporter avec courage cette esp�ce de gens et faire entendre � propos aux princes et � ceux qui ont quelque autorit� et qui sont en quelque sorte attach�s � nous, que notre Soci�t� renferme la perfection de tous les ordres, except� le chant et l'aust�rit� ext�rieure dans la mani�re de vivre et dans les habits ; et que si les autres religieux excellent en quelque chose la Soci�t� brille d'une mani�re plus �minente dans l'�glise, de Dieu.

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02. Que l'on cherche et que l'on remarque les d�fauts des autres religieux, et apr�s les avoir d�couverts et publi�s avec prudence, et comme en les d�plorant, � nos fid�les amis, que l'on montre qu'ils ne s'acquittent pas si heureusement des fonctions qui nous sont communes avec eux.

03. Il faut s'opposer avec plus d'efforts � ceux qui veulent �tablir des �coles pour enseigner la jeunesse dans les lieux o� les n�tres enseignent avec honneur et avec profit ; que l'on fasse comprendre aux princes et eaux magistrats que ces gens causeront du trouble et des s�ditions dans l'�tat, si on ne les emp�che,, et que les brouilleries commenceront par les enfants qui seront instruits diversement, et qu'enfin la Soci�t� suffit pour instruire la jeunesse ; si ces religieux ont obtenu des lettres du pape, ou s'ils ont pour eux la recommandation des cardinaux, que les n�tres agissent contre eux par les princes et par les grands qui informeront le pape des m�rites de la Soci�t� et de la suffisance pour instruire la jeunesse en paix ; qu'ils t�chent d'avoir et qu'ils produisent des t�moignages des magistrats, touchant leur bonne conduite et leur bonne instruction.

04. Cependant, que les n�tres s'efforcent de donner des marques particuli�res de vertu et d'�rudition, en exer�ant les �coliers dans les �tudes, et par d'autres jeux scolastiques, propres � attirer l'applaudissement, et repr�sent�s devant les grands, les magistrats et le peuple.


Chapitre VI

De la mani�re de gagner les veuves riches

01. Que l'on choisisse pour cela: des P�res avanc�s en �ge, qui soient d'une complexion vive et d'une conversation agr�able. Qu'ils visitent ces veuves l� et que d'abord qu'ils verront en elle quelque affection pour la Soci�t�, qu'on leur offre les oeuvres et les m�rites de la Soci�t�. Que si elles les acceptent, et qu'elles commencent � visiter nos �glises, qu'on les pourvoie d'un confesseur, par lequel elles soient bien dirig�es, dans la vue de les entretenir dans l'�tat de veuve, en disant et louant ses avantages et son bonheur, et eh leur promettant certainement et leur r�pondant m�me que de cette mani�re elles auront un m�rite �ternel, et un moyen tr�s efficace pour �viter les peines du purgatoire.

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02. Que le m�me confesseur fasse en sorte qu'elles s'occupent � embellir une chapelle ou un oratoire dans leur maison, dans lequel ellespuissent vaquer � des m�ditations ou autres exercices spirituels afin qu'elles s'�loignent de la conversation et des visites de ceux qui les pourraient rechercher ; et quoiqu'elles aient un chapelain, que les autres ne laissent pas d'y aller c�l�brer la messe, et particuli�rement de leur faire des exhortations � propos et qu'ils t�chent de tenir le chapelain sous eux.

03. Il faut changer avec prudence et insensiblement ce qui concerne la direction de la maison,, en sorte que l'on ait �gard � la personne, au lieu, � son affection et � sa d�votion.

04. Il faut principalement �loigner les domestiques (mais peu � peu) qui n'ont point de commerce avec la Soci�t�; et s'il en faut substituer d'autres, recommander des gens qui d�pendent ou qui veuillent d�pendre des n�tres ; car ainsi on nous fera part de tout ce qui se passe dans la famille.

05. Que le confesseur n'ait d'autre but que de faire en sorte que la veuve demande et suive son conseil en toutes choses, et qu'il lui d�montre dans l'occasion que cette ob�issance est l'unique fondement de son avancement spirituel.

06. Qu'on lui conseille le fr�quent usage des sacrements, qu'elle les pratique, et surtout celui de la p�nitence, dans lequel elle d�couvrira ses plus secr�tes pens�es et toutes ses tentations avec beaucoup de libert�. Qu'elle communie fr�quemment ; qu'elle aille souvent �couter son confesseur, et qu'on l'y invite, en lui promettant des pri�res particuli�res ; qu'elle r�cite les litanies, et qu'elle examine tous les jours sa conscience.

07. Une confession g�n�rale r�it�r�e, quoiqu'elle l'ait d�j� faite � un autre, ne servira pas peu pour avoir une pleine connaissance de toutes ses inclinations.

08. On lui remontrera tous les avantages de l'�tat de veuve et les incommodit�s du mariage, surtout lorsqu'on le r�it�re : les dangers dans lesquels on se met, et principalement ceux qui la concernent en particulier.

09. On peut aussi proposer de temps en temps et avec adresse, des partis pour lesquels on sait bien que la veuve a de la r�pugnance ; et si l'on croit qu'il y en a quelques-uns qui lui plaisent, qu'on lui en repr�sente les mauvaises m�urs, afin qu'en g�n�ral elle n'ait que du d�go�t pour les secondes noces.


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10. Quand donc on est assur� qu'elle est bien dispos�e pour le veuvage, il faut lui recommander la vie spirituelle, mais non pas la religieuse, dont il faut plut�t d�crire les incommodit�s, mais telle que l'�tait celle de Paula et d'Eustochim, etc. Que le confesseur fasse en sorte qu'ayant fait au plus t�t v�u de chastet�, pour deux ou trois ans au moins, elle ferme tout � fait la porte aux secondes noces. Alors il faut emp�cher qu'elle ne fr�quente des hommes et qu'elle ne se divertisse m�me avec ses parents et ses alli�s sous pr�texte de l'unir plus �troitement � Dieu. Pour les eccl�siastiques par lesquels la veuve sera visit�e, ou qu'elle ira voir, si on ne les peut pas tous exclure, qu'ils soient de ceux qu'elle re�oive � la recommandation des n�tres, ou qui en d�pendent:

11. Quand on :en sera venu jusque-l�, il faudra porter peu � peu la veuve � de bonnes couvres, et surtout aux aum�nes, qu'elle ne fera n�anmoins pas sans la direction de son p�re spirituel ; parce qu'il est important que l'on mette � profit, avec discr�tion, le talent spirituel, et que les aum�nes mal employ�es sont souvent la cause de divers p�ch�s, ou les entretiennent, de sorte qu'on n'en tire que peu de fruit ou de m�rite.


Chapitre VII

Comment il faut entretenir les veuves et disposer des biens qu�elles ont.

01. Qu'on les presse de continuer dans leur d�votion et dans leurs bonnes oeuvres, en sorte qu'il ne se passe point de semaine qu'elles ne retranchent de leur superflu quelque chose en l'honneur de J�sus-Christ, de la Sainte Vierge ou du saint qu'elles auraient choisi comme patron, et qu'elles le donnent aux pauvres ou pour l'ornement de l'�glise jusqu'� ce qu'on les ait enti�rement d�pouill�es des pr�mices et des d�pouilles de l'�gypte.

02. Que si, outre une affection g�n�rale, elles t�moignent leur lib�ralit� envers notre Soci�t�, et qu'elles, continuent, qu'on leur fasse part de tous les m�rites de la Soci�t�, avec des indulgences particuli�res du provincial, ou, si ce sont des personnes d'assez grande qualit�, du g�n�ral de l'Ordre.

03. Si elles ont fait v�u de chastet�, qu'elles le renouvellent deux fois l'ann�e, selon notre coutume, en leur accordant ce jour-l� une r�cr�ation honn�te avec les n�tres.

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04. Qu'on les Visite souvent et qu'on les entretienne d'une mani�re agr�able, et qu'on les r�jouisse par des histoires spirituelles et des plaisanteries, selon l'humeur et l'inclination de chacune.

05. Qu'on ne les traite pas avec trop de rigueur dans la confession, de peur qu'elles ne deviennent chagrines, � moins que peut-�tre on ne d�sesp�re de regagner, leur faveur, dont d'autres se seront rendus les ma�tres. En cela il faut juger avec beaucoup de discernement du naturel inconstant des femmes.

06. Qu'on les emp�che adroitement de visiter les autres �glises et d'y aller voir les f�tes, principalement dans celles des religieux, et qu'on leur redise souvent que toutes les indulgences accord�es aux autres Ordres sont rassembl�es dans notre Soci�t�.

07. S'il faut qu'elles se mettent en deuil, qu'on leur accorde des ajustements qui aient bon air et qui ressentent quelque chose de spirituel et de mondain en m�me temps, afin qu'elles ne croient pas qu'elles soient gouvern�es par un homme enti�rement spirituel. Enfin, pourvu qu'il n'y ait pas de danger d'inconstance, et si elles sont toujours fid�les et lib�rales envers la Soci�t� qu'on leur accorde, avec mod�ration et sans scandale, ce qu'elles demandent pour leur sensualit�.

08. Que l'on mette chez les veuves des filles honn�tes et n�es de parents riches et nobles, qui s'accoutument peu � peu � n�tre direction et � notre mani�re de vivre ; qu'elles aient une gouvernante choisie et �tablie par le confesseur dans toute la famille ; qu'elles soient soumises � toutes les censures et � toutes les coutumes de la Soci�t� ; et pour celles qui ne voudront pas s'y accommoder, qu'on les renvoie � leurs parents ou � d'autres par qui elles ont �t� amen�e, et qu'on les d�crive comme des fantasques d'un naturel difficile, etc.

09. Il ne faudra pas avoir moins de soin 'de leur sant� et de leur r�cr�ation que de, leur salut. C'est pourquoi, si elles se, plaignent d'indispositions, on leur d�fendra les je�nes, les cilices, les disciplines corporelles, et on ne leur permettra pas d'aller � l'�lise, mais on les gouvernera � la maison en secret et avec pr�caution. Qu'on les laisse entrer dans le Jardin et dans le coll�ge, pourvu que cela se fasse secr�tement, et qu'on leur permette de se r�cr�er en secret avec ceux qui leur plairont le plus.

10. Afin qu'une veuve dispose des revenus qu'elle a en faveur de la Soci�t�, qu'on lui propose la perfection de l'�tat des hommes saints qui, rayant renonc� au monde, � leurs parents et � leurs biens, se sont attach�s au service de Dieu avec une grande r�signation et avec joie. Qu'on leur explique, dans cette vue, ce qu'il y a dans la constitution et dans l'examen de la Soci�t� touchant cette renonciation � toutes choses ; qu'on leur all�gue l'exemple des veuves qui, en peu de temps, sont devenues ainsi des saintes, en leur faisant esp�rer d'�tre canonis�es si elles continuent de m�me jusqu'� la fin et qu'on leur fasse voir que le cr�dit des n�tres ne leur manquera pas pour cela aupr�s du Pape.

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11. II faut imprimer fortement dans leur esprit que si elles veulent jouir d'un parfait repos de conscience, il faut suivre sans murmure, sans ennui et sans aucune r�pugnance int�rieure, tant dans les choses temporelles que dans les spirituelles, la direction de leur confesseur comme destin� particuli�rement de Dieu.

12. Il faut les instruire aussi, dans l'occasion, que, si l'aum�ne qu'elles font aux eccl�siastiques et surtout aux religieux d'une vie exemplaire est la plus convenable, elles ne doivent cependant la faire qu'avec l'approbation de leur confesseur.

13. Les professeurs prendront garde, avec le plus grand soin, que ces sortes de veuves qui seront leurs p�nitentes n'aillent voir d'autres religieux, sous quelque pr�texte que ce soit, ou qu'elles n'entrent en familiarit� avec eux. Afin de l'emp�cher, ils t�cheront de vanter � propos la Soci�t� comme un ordre plus excellent que les autres, tr�s utile dans l'�glise, de la plus grande autorit� aupr�s du Pape et de tous les princes, tr�s parfait en lui-m�me, parce qu'il renvoie ceux qui sont nuisibles et peu propres, et dans lequel il n'y a ni �cume ni lie, comme il y en a beaucoup parmi les moines, qui sont l� plus souvent ignorants, stupides, paresseux, n�gligents en ce qui regarde leur salut; adonn�s au ventre, etc.

14. Que les confesseurs leur proposent et qu'ils leur persuadent de payer des pensions ordinaires et des tributs pour aider tous les ans les coll�ges et les maisons professes, et surtout la maison professe de Rome, � s'acquitter de leurs dettes, et qu'ils n'oublient pas les ornements du temple, la cire, le vin, etc., qui sont n�cessaires � la c�l�bration de la messe.

15. Que si une veuve, pendant sa vie, ne donne pas enti�rement ses biens � la Soci�t�, qu'on lui propose, par occasion et surtout lorsqu'elle sera malade, ou en grand danger de la vie, la pauvret�, la nouveaut� et la multitude de plusieurs coll�ges qui ne sont pas encore fond�s, et qu'on la pousse avec douceur et avec force � faire des d�penses, sur lesquelles elle puisse fonder sa gloire �ternelle.

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16. Il faut faire la m�me chose � l'�gard des princes et des autres bienfaiteurs ; il leur faut persuader ce qui est perp�tuel dans ' ce inonde et qui leur peut gagner une gloire �ternelle dans l'autre de la part de Dieu. Que si quelques malveillants all�guent par-ci par-l� l'exemple de J�sus-christ, qui n'avait pas o� reposer sa t�te, et veulent que la Compagnie de J�sus soit de m�me tr�s pauvre, qu'on leur montre � tous et qu'on imprime s�rieusement dans leur esprit que l'�glise de Dieu est pr�sentement chang�e, et qu'elle est devenue une monarchie, qui doit se soutenir, par l'autorit� et par une grande puissance, contre ses ennemis qui sont tr�s puissants ; et qu'elle est cette petite pierre coup�e qui est devenue une tr�s grande montagne, pr�dite par un proph�te.

17. Que l'on montre souvent � celles qui se sont donn�es aux aum�nes et � embellir les �glises, que la souveraine perfection consiste en ce que, en se d�pouillant de l'amour des choses terrestres, elles reportent cet amour sur J�sus-christ et ses compagnons.

18. Mais comme il y a toujours moins � esp�rer des veuves qui �l�vent leurs enfants pour le monde, nous verrons comment on peut y rem�dier.


Chapitre VIII

Comment il faut faire
pour que les enfants des veuves
embrassent l��tat religieux ou de d�votion.

01. Comme il faut que les m�res agissent avec vigueur, les n�tres devront se conduire avec douceur en cette occasion. Il faut instruire les m�res � chagriner leurs enfants d�s leur tendre jeunesse, par des censures et remontrances, etc., et principalement, lorsque leurs filles sont plus �g�es, � leur refuser des parures; souhaitant souvent et priant Dieu qu'elles aspirent � l'�tat eccl�siastique, et leur promettant une dot consid�rable, si elles veulent se faire religieuses. Qu'elles leur montrent souvent les difficult�s qui sont communes � tous les mariages, et celles qu'elles ont �prouv�es en leur particulier : et qu'elles t�moignent d'avoir la douleur de ce qu'en leur temps elles n'ont pas pr�f�r� le c�libat au mariage. Enfin, qu'elles se conduisent en sorte que leurs filles particuli�rement, ennuy�es de vivre de la sorte aupr�s de leurs m�res, pensent � se faire religieuses.

02. Que les n�tres conversent famili�rement avec leurs fils, et s'ils paraissent propres pour notre Compagnie, qu'on les introduise � propos dans le coll�ge, et qu'on leur montre ce qui leur pourra plaire et les inviter � s'affilier � nous, par exemple les jardins, les vignes les maisons de campagne et les m�tairies, o� les n�tres vont se divertir ; qu'on leur parle des voyages qu'ils font en divers royaumes, du commerce qu'ils ont avec les princes, et de tout ce qui peut r�jouir la jeunesse ; qu'on leur fasse voir la propret� du r�fectoire et des chambres, la conversation agr�able que les n�tres ont entre eux, la facilit� de notre r�gle, � laquelle, n�anmoins, la gloire de Dieu est attach�e la pr��minence de notre ordre par dessus les autres ; et qu'on ait avec eux des entretiens plaisants, aussi bien que pieux.

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03. Qu'on les exhorte, comme par r�v�lation, � la religion en g�n�ral, et qu'on leur insinue adroitement la perfection et la commodit� de notre institut, par-dessus les autres qu'on leur dise, et dans les exhortations publiques et dans les entretiens particuliers, de quelle grandeur est le p�ch� de ceux qui se rebellent contre la vocation divine ; et, qu'enfin, on les engage � faire des exercices spirituels, afin qu'ils prennent leur r�solution sur l'�tat de vie qu'ils veulent choisir.

04. Que les n�tres fassent en sorte que ces jeunes gens aient des pr�cepteurs attach�s � notre Soci�t�, qui veillent continuellement � cela et qui les exhortent ; mais s'ils r�sistent, qu'on leur �te diverses choses, afin qu'ils s'ennuient de la vie ; que leur m�re leur expose les difficult�s de lia famille. Enfin, si l'on ne peut pas faire en sorte que de leur bon gr� ils veuillent entrer dans notre Soci�t�, qu'on les envoie aux coll�ges �loign�s de notre Compagnie, comme pour y �tudier ; et que' du c�t� de leur m�re, on ne leur fasse que peu de douceurs, et qu'au contraire, notre Soci�t� les flatte pour gagner leur affection.


Chapitre IX

De l�augmentation des revenus des coll�ges

01. Que personne, autant qu'il sera possible, ne soit admis au dernier v�u, pendant qu'il attend quelque succession, � moins qu'il n'ait un fr�re plus jeune que lui dans la Soci�t�, ou � cause d'autres raisons graves. Surtout et avant toutes choses, il faut travailler � l'augmentation de la Soci�t�, selon les fins qui sont connues aux sup�rieurs, qui doivent au moins s'accorder en cela, qu'� la plus grande gloire de Dieu, l'�glise soit r�tablie dans son premier �clat, en sorte qu'il n'y ait qu'un seul esprit dans tout le clerg�. C'est pourquoi il faut dire souvent et publier fr�quemment que la Soci�t� est compos�e en partie de professes si pauvres qu'ils manqueraient de tout sans les lib�ralit�s quotidiennes des fid�les ; et, en partie d'autres p�res qui sont pauvres, mais qui poss�dent des biens immeubles, pour n'�tre pas � charge au peuple, dans leurs �tudes et dans leurs fonctions, comme les autres mendiants. Que les confesseurs, donc des princes, des grands des veuves et des autres de qui notre Compagnie peut beaucoup esp�rer; tees en instruisent s�rieusement, afin que, puisqu'on leur donne les choses spirituelles et �ternelles, on en re�oive les terrestres et temporelles, et qu'ils ne laissent �chapper aucune occasion de recevoir, quand on leur offre. Que si l'on a promis et que l'on diff�re, il faut prudemment en faire ressouvenir, en dissimulant, autant qu'il est possible, l'envie que l'on a d'�tre riche. Que si quelqu'un des confesseurs des grands ou des autres ne parait pas assez adroit pour pratiquer tout cela, il faut lui �ter cet emploi en temps opportun, avec prudence, et en mettre un autre en sa place,; et, s'il est n�cessaire, pour la plus grande satisfaction des p�nitents, qu'on le rel�gue � des coll�ges plus �loign�s, en disant que la Soci�t� a besoin de sa personne et de ses talents en ces lieux-l� ; car nous avons appris, il n'y a pas longtemps, que de jeunes veuves, mortes avant le temps, n'avaient pas l�gu�" des meubles fort pr�cieux � nos �glises, par la n�gligence des n�tres, qui ne les avaient pas accept�s � temps. Pour accepter de semblables choses, il ne faut pas regarder les temps, mais la bonne volont� du p�nitent.

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02. Il faut employer diverses adresses pour attirer les pr�lats, les chanoines et les pasteurs, et les autres eccl�siastiques riches � des exercices spirituels, et, peu � peu, par le moyen de l'affection qu'ils ont pour les choses spirituelles, les gagner � la Soci�t�, et ensuite pressentir leur lib�ralit�.

03. Que les confesseurs ne n�gligent pas de demander � leurs p�nitents (pourvu n�anmoins qu'ils le fassent � propos) quel est leur nom, leur famille, leurs parents, leurs amis, leurs biens et, ensuite, 'de s'informer de leurs successions, de leur �tat, de leurs intentions et de leur r�solution ; crue, s'ils ne l'ont pas encore prise, il faut t�cher de la rendre favorable � la Soci�t�. Que si, d'abord on con�oit l'esp�rance de quelque profit, parce qu'il n'est pas � propos de demander tout en m�me temps qu'on leur ordonne que, pour se d�charger d'autant plus la conscience ou pour faire une p�nitence qui les gu�risse, ils se confessent. Que le confesseur les invite honn�tement, afin qu'il s'informe � plusieurs reprises de ce dont il n'a pu �tre inform� en une seule fois. Si cela r�ussit, et que ce soit une femme; il faut l'engager, par tous les moyens possibles, � se confesser souvent et � visiter souvent l'�glise; si c�est un homme, � fr�quenter 1a Compagnie, et � devenir familier avec les n�tres.

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04. Ce que l'on a dit des veuves, il faut aussi entendre qu'on l'a dit des marchands, des bourgeois riches et mari�s, mais sans enfants, desquels la Soci�t� peut �tre souvent l'h�riti�re, si l'on emploie prudemment les pratiques que l'on a manqu�es ; mais il faudra surtout observer ce que l'on a dit � l'�gard des d�votes riches qui fr�quenteront les n�tres, et dont le vulgaire peut tout au plus murmurer si elles ne sont pas de ,grande qualit�.

05. Les recteurs des coll�ges s'efforceront d'avoir connaissance des maisons, des jardins, des fonds des vignes des villages et des autres biens qui sont poss�d�s par la principale noblesse, par les marchands, ou par les bourgeois, et, si cela se peut, des int�r�ts et des charges qu'ils ont � payer ; mais il faut s'y prendre avec adresse, et d'une mani�re efficace par la confession, par la familiarit� et par les entretiens particuliers. Lorsqu'un confesseur a .trouv� un p�nitent riche, qu'il en avertisse d'abord le recteur, et qu'il l'entretienne en toutes mani�res.

06. Le point capital de toute l'affaire consiste en ceci : c'est que tous nos gens sachent gagner, la bienveillance de leurs p�nitents et de tous les autres avec lesquels ils conversent, et s'accommoder � l'inclination de chacun ; c'est pourquoi, que les provinciaux fassent an sotte que l'on en envoie beaucoup dans les lieux habit�s par les riches et les nobles, et afin que les provinciaux le puissent faire avec plus de prudence et de bonheur, que les recteurs se souviennent de les informer � propos de la moisson qu'il y a � faire.

07. Qu'ils s'informent si, en recevant les enfants dans la Compagnie, ils pourront s'attirer les contrats et les possessions, et si cela se peut faire, qu'ils s'informent s'ils c�deront quelques-uns de leurs biens au coll�ge ou par contrat, ou en les louant, ou autrement, ou s'ils reviendront apr�s quelque temps � la Soci�t� ; pour laquelle fin il faudra faire conna�tre, principalement � tous les grands et aux riches, ses besoins et les dettes dont elle est charg�e.

08. S'il arrive que les veuves, ou les mari�s riches et attach�s � la Compagnie n'aient que des filles, les n�tres les 'disposeront doucement � choisir une vie d�vote ou religieuse. afin qu'en leur laissant quelque dot, le reste des biens revienne peu ,� peu � la Soci�t� ; que, s'ils ont des fils qui soient propres � la Compagnie, on les y attirera, et on fera entrer les autres en d'autres religions en leur promettant une certaine petite somme ; mais, s'il n'y a qu'un fils unique, .on l'attirera � quelque prix que ce soit � la Compagnie, et on lui �tera toute sorte de crainte de ses parents ; on lui inculquera la vocation de J�sus-christ, en lui montrant qu'il fera un sacrifice agr�able � Dieu, s'il s'enfuit � l'insu de son p�re et de sa m�re et malgr� eux ; qu'on l'envoie ensuite � un noviciat �loign�, apr�s en avoir inform� auparavant le g�n�ral. Que, s'ils ont des fils et des filles, que l'on dispose auparavant les filles � la vie d�vote, et l'on fera entrer ensuite les fils dans la Compagnie, 4vec la succession des biens.

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09. Que les sup�rieurs avertissent fortement et doucement les confesseurs de ces veuves et de ces gens mari�s, afin qu'ils s'emploient utilement pour la Soci�t�, selon ces instruction ; s'ils ne le font pas qu'on en mette d'autres en leur place, et qu'on les en �loigne, en sorte qu'ils ne puissent pas entretenir de relations avec cette famille.

10. Que l'on am�ne les veuves et les autres personnes d�votes, qui tendent avec ardeur � la perfection � c�der toutes leurs possessions � la Soci�t�, et � vivre de ses revenus, dont on leur fera part perp�tuellement, selon qu'elles en auront besoin pour servir plus librement Dieu, sans soins et sans inqui�tude, comme t�tant le moyen le plus efficace pour parvenir au fa�te de la perfection.

11. Afin de mieux persuader au monde 1a pauvret� de la Soci�t�, que les sup�rieurs empruntent de l'argent des personnes riches attach�es � la Compagnie, .sur des billets de leur main dont le paiement sera diff�r� ; qu'ensuite, principalement dans les temps d'une maladie dangereuse, on visite constamment une telle personne et qu'on la pr�vienne en sorte qu'on l'engage � rendre le billet, car ainsi il ne sera pas fait mention des n�tres dans le testament, et n�anmoins nous y gagnerons, sans nous attirer la haine de ceux qui succ�deront � leurs biens.

12. II sera aussi � propos de prendre de quelques personnes de l'argent �, int�r�t annuel, et de le placer ailleurs � un plus gros int�r�t, afin que ce revenu r�compense l'autre ; car cependant il pourra arriver que ces amis, qui auront ainsi pr�t� de l'argent, touch�s de piti� pour nous, nous abandonneront l'int�r�t ou m�me de plus le capital, soit par testament, soit par dotation entre-vifs, quand ils verront que l'on fait des coll�ges ou que l'on b�tit des �glises.

13. La Compagnie pourra, aussi n�gocier avec fruit sous le nom de marchands riches qui lui seront attach�s ; mais il faut rechercher un profit certain et abondant, m�me dans les Indes, qui jusqu'� pr�sent, avec le secours de Dieu, ont non seulement fourni des �mes, mais encore de grandes richesses � la Soci�t�.


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14. Que les n�tres aient, dans les lieux o� ils r�sident, quelque m�decin d�vou� � la Compagnie, qu'elle recommande principalement aux malades et qu'elle �l�ve au-dessus de tous les autres, afin que, recommandant � son tour les n�tres au-dessus de tous les autres religieux, il fasse que nous soyons appel�s aupr�s des principaux malades et surtout des moribonds.

15. Que les confesseurs visitent les malades avec assiduit�, surtout ceux qui sont en danger ; et, pour en chasser honn�tement les autres religieux et eccl�siastiques, que les sup�rieurs fassent en sorte que, lorsque le confesseur est oblig� de quitter le malade, un autre lui succ�de et entretienne le malade dans ses bons desseins. Cependant, il faut lui faire peur prudemment de l'enfer, etc., ou au moins du purgatoire, et lui apprendre que comme l'eau �teint le feu, ainsi l'aum�ne �teint le p�ch�, et que l'on ne peut mieux employer ses aum�nes qu'� la nourriture et � l'entretien des personnes qui, par leur vocation font profession d'avoir soin du salut du prochain ; qu'ainsi il aura part � leurs m�rites, et que le malade satisfera pour ses propres p�ch�s, parce que la charit� en couvre une multitude. On peut aussi d�crire la charit� comme l'habit nuptial sans lequel personne n'est re�u � la table c�leste. Enfin, il lui faudra all�guer les passages de l'�criture et des saints P�res, qui, eu �gard � la capacit� du malade, seront les plus efficaces pour l'�mouvoir.

16. Que l'on apprenne aux femmes qui se plaindront des vices de leurs maris et des chagrins qu'ils leur causent qu'elles peuvent leur �ter secr�tement quelques sommes pour expier les p�ch�s de leurs maris et leur obtenir gr�ce.


Chapitre X

De la rigueur particuli�re de la discipline dans la Soci�t�

01. Il faudra cong�dier comme ennemi de la Soci�t�, quels que soient sa condition ou son �ge, celui qui aura d�tourn� nos d�vots ou nos d�votes de nos �glises, ou de la fr�quentation des n�tres, ou qui aura d�tourn� des aum�nes � d'autres �glises, ou � d'autres religieux, ou qui aura dissuad� quelque homme riche et bien dispos� pour la Soci�t� de lui en faire ou qui, dans le temps auquel il aura pu disposer de ses propres biens, aura t�moign� plus d'affection pour ses parents que pour la Soci�t� (car c'est une grande marque d'un esprit non mortifi�, et il faut que les prof�s soient tout � fait mortifi�s), ou qui aura d�tourn� des aum�nes des p�nitents, ou des amis de la Soci�t�, pour les donner � ses parents pauvres. Mais, afin qu'ils ne se plaignent pas ensuite de la cause de leur �loignement, qu'on ne les renvoie pas d'abord, mais qu'on les emp�che premi�rement d'entendre les confessions, qu'on les mortifie et les fatigue par les offices les plus vils ; il faut les contraindre de jour en jour de faire des choses pour lesquels on sait qu'ils ont la plus grande r�pugnance ; qu'on les �loigne des �tudes les plus relev�es et des charges honorables; qu'on les censure dans les chapitres et dans les r�primandes publiques; qu'on leur �te, dans leurs habits et dans leurs meubles, tout ce qui n'est pas tout � fait n�cessaire , jusqu'� ce qu'ils en viennent au murmure et � l'impatience, et qu'alors on les cong�die comme des gens peu mortifi�s, et qui peuvent �tre dangereux pour les autres par leur mauvais exemple ; et, s'il faut rendre raison aux parents et aux pr�lats de l'�glise de ce qu'on les a cong�di�s, que l'on dise qu'ils n'avaient pas l'esprit de la Soci�t�.

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02. Il faudra encore cong�dier ceux qui feront scrupule d'acqu�rir des biens � la Soci�t�, et dire qu'ils sont attach�s � leur propre jugement; que s'ils veulent rendre raison de leur action devant les provinciaux, il faut dire qu'ils sont trop adonn�s � leur propre sens ; il ne les faut pas �couter, mais les obliger � observer la r�gle qui les oblige tous � une ob�issance aveugle.

03. Il faudra consid�rer, d�s le commencement et depuis leur jeunesse, quels sont ceux qui sont les plus avanc�s dans l'affection envers la Soci�t� et ceux que l'on conna�tra avoir de l'affection envers les autres ordres, ou les pauvres, ou leurs parents. Il les faudra peu � peu disposer, comme l'on a dit � sortir comme �tant inutiles.


Chapitre XI

Comment les n�tres se conduiron
d�un commun accord envers ceux qui auront �t� cong�di�s de la Soci�t�

01. Comme ceux que l'on aura mis dehors savent au moins quelques-uns des secrets, le plus souvent ils nuisent � la Compagnie. C'est pourquoi voici comment il faudra s'opposer � leurs efforts. Avant de les mettre dehors, il faudra les obliger � promettre par �crit, et � jurer qu'ils ne diront ni n'�criront jamais rien de d�savantageux � la Compagnie ; que cependant les sup�rieurs gardent par �crit leurs mauvaises inclinations, leurs d�fauts et leurs vices, qu'eux-m�mes auront d�couverts pour la d�charge de leur conscience, selon la coutume de la Soci�t�, et desquels, s'il est n�cessaire, on puisse se servir aupr�s des grands et des pr�lats pour emp�cher leur avancement.

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02. Que l'on �crive incessamment � tous les coll�ges ceux qui auront �t� mis dehors et que l'on exag�re les raisons g�n�rales de leur �loignement ; tels que sont le peu de mortification de leur esprit, la d�sob�issance, le peu d'attachement aux exercices spirituels, l'ent�tement pour soi-m�mes etc. Qu'ensuite on avertisse tous les autres de n'avoir point de correspondance ; avec eux ; et si l'on parle avec les �trangers que le langage de tous soit le m�me, et que l'on dise partout que la Soci�t� ne met personne dehors que pour de, grandes raisons, et que, comme la mer, elle rejette les cadavres, etc. Que l'on insinue aussi adroitement les raisons semblables pour lesquelles on nous hait afin que leur �loignement soit plus plausible.

03. Que, dans les exhortations domestiques, on persuade que, ceux que l'on a mis dehors sont des personnes inqui�tes et qui voudraient bien rentrer dans la Soci�t�, et que l'on exag�re les malheurs de ceux qui sont morts mis�rablement apr�s �tre sortis de la Soci�t�.

04. Il faudra aussi aller au devant des accusations que ceux qui sont sortis de la Soci�t� peuvent faire, par l'autorit� de personnes graves, qui disent partout que 1a Soci�t� ne met personne dehors que pour de grandes raisons et qu'elle ne retranche point les membres sains ; ce que l'on peut confirmer par le z�le qu'elle a et qu'elle t�moigne en g�n�ral pour le salut des �mes de ceux qui ne lui appartiennent pas ; et combien plus doit-elle �tre z�l�e pour le salut des siens !

05. Ensuite, la Soci�t� doit pr�venir et obliger par toutes sortes d'offices les grands ou les pr�lats aupr�s de qui ceux que l'on a cong�di�s ont commenc� � avoir quelque autorit� ou, quelque cr�dit : il leur faudra faire voir que le bien commun d'un ordre aussi c�l�bre qu'utile � l'�glise doit �tre de plus grande consid�ration quo celui d'un particulier, quel qu'il puisse �tre ; que s'ils ont encore de l'affection pour ceux que l'on a mis dehors, il sera bon de leur apprendre les raisons de leur �loignement, et d'exag�rer m�me les choses qui ne sont pas tout � fait certaines pourvu qu'on les pisse tirer par des cons�quences probables.

06. Il faudra en toute mani�re emp�cher que ceux-l� principalement qui ont abandonn� la Soci�t� de leur bon gr� ne soient avanc�s � quelques charges ou dignit�s de l'�glise, � moins qu'ils ne se soumettent, eux et tout ce qu'ils ont, � la Soci�t�, et que tout le monde puisse savoir qu'ils en veulent d�pendre.


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07. Que l'on fasse de bonne heure en sorte qu'ils, soient �loign�s, autant qu'il se peut, de l'exercice des fonctions c�l�bres dans l'�glise, comme sont les sermons, les confessions, la publication des livres, etc. de peur qu'ils ne s'attirent l'affection ou l'applaudissement du peuple. Pour cela, il faudra faire, avec grand soin, recherche de leur vie et de leurs m�urs, des compagnies qu'ils fr�quentent, de leurs occupations, etc., et p�n�trer dans leurs intentions. C'est pourquoi il faudra faire en sorte d'avoir une correspondance particuli�re avec quelques-uns de ceux d� la famille chez laquelle ceux qui auront �t� cong�di�s demeureront. D'abord que l'on aura d�couvert quelque chose de bl�mable ou digne de censure, il faudra le r�pandre par des gens de moindre qualit�, et ensuite faire que les grands et les pr�lats qui favorisent ceux que l'on a mis dehors aient peur de l'infamie qui en pourrait rejaillir sur eux ; que s'ils ne font rien qui soit digne de censure et qu'ils se conduisent d'une mani�re louable, que l'on ext�nue par des propositions subtiles et des paroles ambigu�s les vertus et les actions que l'on loue jusqu'� ce que l'estime que l'on en faisait et la foi que l'on y ajoutait soient diminu�es ; car il importe tout � fait � la Soci�t� que ceux qu'elle a mis dehors, et principalement ceux qui l'ont abandonn�e de leur bon gr�, soient enti�rement supprim�s.

08. Il faut divulguer incessamment les malheurs et les tristes accidents qui leur arrivent en implorant n�anmoins pour eux les pri�res des personnes pieuses, afin qu'on ne croie pas que les n�tres agissent par passion et que dans nos maisons on les exag�re en toutes mani�res, afin de retenir les autres.

Chapitre XII

Qui l�on doit entretenir et conserver dans la Soci�t�

01. Les bons ouvriers doivent tenir la premi�re place ; savoir ceux qui n'avancent pas moins le bien temporel que le bien spirituel de la Soci�t� ; tels que sont le plus souvent les confesseurs des princes et des grands, des veuves et des d�votes riches, les pr�dicateurs et les professeurs, et tous ceux qui savent ses secrets.

02. Ceux � qui les forces manquent, et qui sont accabl�s de vieillesse, selon qu'ils auront employ� leurs talents pour le bien temporel de la Soci�t�, en sorte que l'on ait �gard � la moisson pass�e, en outre que ce sont encore des instruments propres pour rapporte aux sup�rieurs les d�fauts ordinaires qu'ils remarquent dans les domestiques, parce qu'ils sont toujours � la maison.

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03. Il ne les faudra jamais mettre dehors, autant que 'cela se pourra faire, de peur que la Soci�t� n'ai: mauvaise r�putation.

04. Outre cela il faudra favoriser tous ceux oui excellent en esprit, en noblesse et en richesses, particuli�rement s'ils ont des amis et parents attach�s � la Soci�t� et puissants, et si eux-m�mes ont une affection sinc�re envers elle, comme on l'a marqu� ci-dessus ; il faut les envoyer � Rome ou aux universit�s plus c�l�bres, pour �tudier, ou, s'ils ont �tudi� en quelque province, il faut que les professeurs les poussent avec une affection et une faveur particuli�res, jusqu'� ce qu'ils !aient c�d� leurs biens � la Soci�t� ; qu'on ne leur refuse rien, mais, qu'apr�s qu'ils l'auront fait, on les mortifie comme les autres, ayant n�anmoins toujours quelque �gard au pass�.

05. Les sup�rieurs auront aussi des �gards particuliers pour ceux qui auront attir� � la Soci�t� quelques jeunes gens choisis, puis qu'ils n'ont pas peu t�moign� leur affection envers elle ; mais pendant qu'ils n'ont pas encore fait profession, il faut prendre garde de n'avoir pas trop d'indulgence pour eux, de peur que peut-�tre ils ne ram�nent ceux qu'ils ont amen�s � la Soci�t�.


Chapitre XIII

Du choix que l�on doit faire des jeunes gens
pour les admettre � la Soci�t�, et de la mani�re de les retenir

01. Il faut travailler avec beaucoup de prudence � choisir des jeunes gens de bon esprit, bien faits, nobles, ou du moins qui excellent dans l'une de ces deux choses.

02. Pour les attirer plus facilement � notre institut, il faut que, pendant qu'ils �tudient, les recteurs de coll�ges et les ma�tres qui les instruisent les pr�viennent, d'une affection particuli�re et hors du temple � l'�cole, il faut qu'ils leur fassent voir combien il est agr�able � Dieu si quelqu'un se consacre � lui avec tout ce qu'il a, particuli�rement dans la Soci�t� de son Fils.

03. Qu'on les m�ne, quand l'occasion s'en pr�sente, par le coll�ge et par le jardin, et m�me quelquefois aux m�tairies; qu'ils soient avec les n�tres dans le temps des r�cr�ations, et qu'ils leur deviennent peu � peu familiers, en prenant garde n�anmoins que la familiarit� ne produise le m�pris.

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04. Qu'on ne permette pas que les n�tres les ch�tient et les rangent � leur devoir avec les autres disciples.

05. Il les faut engager par des petits pr�sents, et par des privil�ges conformes � leur �ge, et il les faut animer surtout par des entretiens spirituels.

06. Qu'on leur inculque que ce n'est pas sans une providence divine qu'ils sont choisis parmi tant d'autres qui fr�quentent le m�me coll�ge.

07. En d'autres occasions, surtout dans les, exhortations, il les faut �pouvanter par des menaces de damnation �ternelle, s'ils n'ob�issent � la vocation divine.

08. S'ils demandent constamment d'entrer dans l� Soci�t�, que l'on dig�re de les admettre pendant qu'ils sont constants, que s'ils paraissent changeants, qu'on les m�nage incessamment et de toutes sortes de mani�res.

09. Qu'on les avertisse efficacement de ne d�couvrir leur volont� � aucun de leurs amis, ni m�me � leur p�re et � leur m�re avant qu'ils soient re�us; que s'il leur vient quelque tentation de se d�dire, et eux et la Soci�t� seront en �tat de faire ce qu'ils voudront; et si on la surmonte, on aura toujours occasion de les animer, en leur rappelant dans la m�moire ce qu'on leur a dit, si cela arrive dans le temps du noviciat, ou apr�s avoir fait de simples v�ux.

10. La plus grande difficult� �tant d'attirer les fils des grands, des nobles et des s�nateurs, pendant qu'ils sont chez leurs parents qui les �l�vent dans le dessein de les faire succ�der � leurs emplois, il leur faudra persuader, plut�t par des amis que par des personnes de la Soci�t�, qu'ils les envoient en d'autres provinces ou dans des universit�s �loign�es dans lesquelles les n�tres enseignent; apr�s avoir envoy� des instructions aux professeurs, touchant leur qualit� et leur condition, afin qu'ils gagnent leur affection envers la Soci�t� avec plus de facilit� et de certitude.

11. Quand ils seront venus � un �ge plus m�r, il faudra les porter � faire quelques exercices spirituels, qui ont eu souvent de bons succ�s parmi les Allemands et les Polonais.

12. I1 faudra les consoler dans leurs troubles et dans leurs afflictions, selon la qualit� et les conditions de chacun, en employant des remontrances' et des exhortations particuli�res du mauvais usage des richesses, et de ne pas m�priser le bonheur d'une vocation, sous peine des supplices de l'enfer,


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13. Que l'on montre aux p�res, aux m�res, afin qu'ils condescendent plus facilement au d�sir de leurs enfants d'entrer dans la Soci�t�, l'excellence de son institut en comparaison des autres ordres, la saintet� et le savoir de nos p�res, leur r�putation parmi tout le monde, l'honneur et les applaudissements universels qu'ils re�oivent des grands et des petits. Qu'on leur fasse une �num�ration des princes et des grands qui, � leur grande consolation, ont v�cu dans cette Compagnie de J�sus, qui y sont morts, et qui y vivent encore. Qu'on leur montre combien il est agr�able � Dieu que les jeunes gens se consacrent � lui, surtout dans la Compagnie de son Fils, et combien il est bon qu'un homme ait port� le, joug du Seigneur en sa jeunesse; que si l'on fait difficult� � cause de la grande jeunesse, qu'on fasse voir la facilit� de notre institut, qui n'a rien de fort f�cheux, except� l'observation de trois v�ux, et, ce qui est fort remarquable qu'aucune r�gle n'oblige pas, m�me sous peine de p�ch� v�niel.


Chapitre XIV

Des cas r�serv�s et des motifs de renvoi de la Soci�t�

01. Outre les cas exprim�s dans les constitutions, et dont le sup�rieur seul ou le confesseur ordinaire, avec sa permission, pourra absoudre, il y a la sodomie la mollesse, la fornication, l'adult�re, l'attouchement impudique d'un m�le ou d'une femelle; et outre cela si quelqu'un, sous pr�texte de z�le, fait quelque' chose de grave contre la Soci�t�, son honneur o� son int�r�t tous motifs l�gitimes de cong�dier ceux qui en sont coupables.

02. Si quelqu'un avoue en confession quelque chose de semblable, qu'on ne lui adonne pas l'absolution avant qu'il ait promis qu'il le d�clarera au sup�rieur de lui-m�me ou parson confesseur; alors le sup�rieur agira au mieux de la Soci�t�; et si l'on a quelque esp�rance de cacher le crime, il faudra punir le coupable par une p�nitence convenable ou le cong�dier au plus t�t; que cependant le confesseur se garde bien de dire au p�nitent qu'il est en danger d'�tre mis dehors.

03. Si quelqu'un de nos confesseurs a oui de quelque personne �trang�re qu'elle a commis quelque chose de honteux avec quelqu'un de la Soci�t�, qu'il ne l'absolve pas avant qu'elle lui ait dit, hors de la confession, le nom de celui avec lequel elle a p�ch�; si elle le dit, qu'on la fasse jurer qu'elle ne le dira jamais � personne sans le consentement de la Soci�t�.

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04. Si deux des n�tres ont p�ch� charnellement, que celui qui le d�clarera le premier soit retenu dans la Soci�t� et l'autre cong�di�. Mais que celui que l'on retient soit ensuite si fort mortifi� et si maltrait�, que par chagrin et par impatience il donne occasion de le cong�dier, occasion qu'il faudra saisir aussit�t.

05. La Compagnie �tant un corps noble et excellent dans l'�glise, elle pourra retrancher d'elle-m�me ceux qui ne para�tront pas propres � l'ex�cution de notre institut, quoiqu'on 'en f�t satisfait au commencement, et l'on en trouvera facilement l'occasion si on les maltraite perp�tuellement et que tout se fasse contre leur inclination si on les met sous des sup�rieurs s�v�res et qu'on les �loigne des �tudes et des fonctions les plus honorables, etc., jusqu'� ce qu'ils viennent � murmurer.

06. Il ne faut retenir en aucune mani�re ceux qui s'�l�vent ouvertement contre les sup�rieurs, ou qui se plaignent en public ou en secret de leurs confr�res et ni ceux qui, aupr�s des n�tres ou des �trangers, condamnent la conduite de la Soci�t�, pour ce qui regarde l'acquisition ou l'administration des biens temporels ou ses autres mani�res d'agir; par exemple, de fouler aux pieds ou d'opprimer ceux qui ne lui veulent pas 'de bien ou qu'elle a chass�s; etc., et m�me ceux qui dans la conversation' souffrent ou d�fendent les V�nitiens, les Fran�ais et les autres par lesquels la Compagnie a �t� chass�e ou a souffert de grands dommages.

07. Avant de mettre dehors quelqu'un, il le faut extr�mement maltraiter, l'�loigner des fonctions auxquelles il est accoutum�, et l'appliquer � diverses choses. Quoiqu'il les .fasse bien, il le faut censurer, et, sous ce pr�texte l'appliquer encore � une autre chose; pour une l�g�re faute qu'il aura commise qu'on lui impose de rudes peines, qu'on lui fasse en public de la confusion jusqu'� le faire impatienter, et enfin qu'on le chasse comme �tant dangereux pour les autres, et pour cela qu'on choisisse une occasion qu'il ne soup�onne pas.

08. Si quelqu'un des n�tres a une esp�rance certaine d'obtenir un �v�ch�, ou quelque autre dignit� eccl�siastique, contre les veux ordinaires de la Soci�t� qu'on le contraigne d'en faire un autre; c'est qu'il aura toujours de bons sentiments pour l'institut de la Soci�t�, qu'il en parlera bien, qu'il n'aura point de confesseur qui n'en soit, et qu'il ne fera rien qui soit de quelque cons�quence qu'apr�s avoir oui le jugement de la Soci�t�. Ce qui n'ayant pas �t� observ� par le cardinal Tolet la Soci�t� a obtenu du Saint si�ge qu'aucun marrane, descendu des juifs ou des mahom�tans, n'y serait admis qui ne voudrait faire un semblable v�u et que, quelque c�l�bre qu'il f�t on le mettrait dehors comme un violent ennemi de la Soci�t�.


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Chapitre XV

Comment il faut se conduire envers les religieuses et les d�votes

01. Que les confesseurs et les pr�dicateurs se gardent bien d'offenser les religieuses, ou de leur donner aucune tentation contre leur vocation; mais, au contraire, ayant gagn� l'affection des sup�rieures, qu'ils fassent en sorte de recevoir au moins les confessions extraordinaires et qu'ils les entretiennent s'ils esp�rent bient�t quelque reconnaissance pour eux. Car les abbesses, principalement les riches et les nobles peuvent beaucoup servir la Soci�t�, et par elles-m�mes, Et par leurs parents et leurs amis, en sorte que, par la connaissance des principaux monast�res, la Soci�t� peut parvenir � la connaissance et � l'amiti� de presque toute la ville.

02. Il faudra n�anmoins d�fendre � nos d�votes de fr�quenter des monast�res de femmes de peur que leur mani�re de vivre ne leur plaise davantage, et que la Soci�t� ne soit frustr�e dans l'attente de tous les biens qu'elles poss�dent. Qu'on les engage � faire v�u de chastet� et d'ob�issance entre les mains de leur confesseur; et qu'on leur montre que cette mani�re de vivre est conforme aux murs de la primitive �glise, puisqu'elle �claire dans la maison et qu'elle n'est point cach�e sous 1e boisseau, sans que les �mes en soient �difi�es; outre qu'� l'exemple des veuves de l'�vangile, elles font du bien � J�sus-christ en donnant � sa Compagnie. Enfin, qu'on leur dise tout ce qui se peut dire au pr�judice de la vie Claustrale; et qu'on leur fasse ces instructions sous le sceau du silence, de peur qu'elles ne viennent aux oreilles des religieux.


Chapitre XVI

De la mani�re de faire profession de m�priser les richesses

01. Pour �viter que les s�culiers ne nous attribuent trop de passion pour les richesses, il sera utile de refuser quelquefois les aum�nes de moindre cons�quence, que l'on offre pour les offices rendus par notre Soci�t�; quoiqu'il faille accepter les moindres des gens qui nous sont attach�s de peur qu'on ne nous accuse d'avarice si nous ne recevons que les plus consid�rables.

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02. Il faudra refuser la s�pulture aux personnes obscures dans nos �glises, quoiqu'elles aient �t� fort attach�es � la Soci�t�, de peur qu'il ne semble que nous cherchions des richesses par la multitude des morts, et que l'on ne voie le profit que nous faisons.

03. Il faudra agir fort r�solument � l'�gard des veuves et des autres personnes qui auront donn� leurs biens � la Soci�t�, et avec plus de vigueur tout �tant �gal, qu'avec les autres, de peur qu'il ne semble que nous favorisions plus les uns que les autres, par la consid�ration des biens temporels. Il faut m�me observer la m�me chose � l'�gard de ceux qui sont dans la Soci�t�, mais avec toute sorte de prudence, afin qu'ils laissent au moins une partie � la Compagnie de ce qu'ils lui ont donn�, ou qu'ils le lui l�guent par testament en mourant.


Chapitre XVII

Des moyens d�avancer la soci�t�

01. Que tous t�chent principalement, m�me en des choses de petite importance, d'�tre du m�me sentiment, ou au moins qu'ils le disent ext�rieurement; car ainsi quelque trouble qu'il y ait dans les affaires du monde, la Soci�t� s'augmentera et s'affermira n�cessairement.

02. Que tous s'efforcent de briller par leur savoir et par leur bon exemple, afin qu'ils surpassent tous les autres religieux, et particuli�rement les pasteurs, etc.; et qu'enfin, le vulgaire fasse que les n�tres fassent tout. Que l'on dise m�me en public qu'il n'est pas besoin que les pasteurs aient tant de savoir, pourvu qu'ils s'acquittent bien de leurs devoirs, parce qu'ils peuvent se servir du conseil de la Soci�t� qui, � cause de cela, doit avoir les �tudes en grande recommandation.

03. Il faut faire go�ter aux rois et aux princes cette doctrine que la foi catholique ne peut subsister dans l'�tat pr�sent sans politique; mais en cela il faut employer beaucoup de discr�tion. Par l� les n�tres seront agr�ables aux grands et seront re�us dans les conseils les plus secrets.

04. On pourra entretenir leur bienveillance en transcrivant de tontes parts des nouvelles choisies et assur�es.

05. II ne sera pas d'un petit avantage d'entretenir secr�tement et avec prudence les divisions des grands, m�me en ruinant mutuellement leur puissance. Que, si l'on voit qu'il y a apparence qu'ils se r�concilieront, la Soci�t� t�chera d'abord de les accorder, de peur qu'elle ne soit pr�venue par d�autres

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06. Il faudra en toute mani�re persuader au vulgaire principalement et aux: grands que la Soci�t� n'a pas �t� �tablie sans une providence divine particuli�re, selon les proph�ties de l'abb� Joachim, afin que l'�glise, humili�e par les h�r�tiques, soit relev�e.

07. Apr�s avoir gagn� la faveur des grands et des �v�ques, il faudra se saisir des cures et des canonicats, pour r�former plus exactement le clerg� qui vivait autrefois sous une certaine r�gle avec ses �v�ques et tendait � la perfection. Enfin, il faudra aspirer aux abbayes et aux pr�latures, qu'il ne sera pas difficile d'avoir, si l'on consid�re la fain�antise et la stupidit� des moines, lorsqu'elles viendront � vaquer ; car il serait avantageux � l'�glise, que tous les �v�ch�s fussent tenus par la Soci�t�, et m�me le si�ge apostolique, principalement si le pape devenait prince temporel de tous les biens. C'est pourquoi il faut peu � peu, mais prudemment et secr�tement, �tendre le temporel de la Soci�t�; et il ne faut pas douter que ce ne f�t alors un si�cle d'or, que l'on n'y jouit d'une paix continuelle et universelle, et que, par cons�quent, la b�n�diction divine n'accompagn�t l'�glise,

08. Que si l'on n'esp�re pas parvenir l�, puisqu'il est n�cessaire qu'il arrive des scandales, il faudra changer de politique selon le temps, et exciter tous les princes amis des n�tres � se faire mutuellement de terribles guerres, afin que l'on implore partout le secours de la Soci�t�, et qu'on l'emploie � la r�conciliation publique, comme la cause du bien commun, et qu'elle soit r�compens�e des principaux b�n�fices et des dignit�s eccl�siastiques.

09. Enfin, la Soci�t� apr�s avoir gagn� la faveur et la protection des princes, t�chera d'�tre au moins redout�e de ceux dont elle n'est pas aim�e.

 

Faisant suite � ce document, voi�i le serment des Fils de la confr�rie.

 

Le Grand Serment des Fils d'Ignace

 

Le SERMENT DES FILS D'IGNACE est la traduction du "Complete Oath Of Extreme Induction" de la Soci�t� de J�sus, enregistr� � la Librairie du Congr�s de Washington, sous le num�ro 66-43354. Rendu public en 1883, ce Serment est encore utilis� de nos jours.

Quand un j�suite est sur le point de s'engager dans les niveaux plus �lev�s de l'Ordre, il s'agenouille sur une croix rouge devant le Sup�rieur. Il y a deux drapeaux devant lui, le drapeau jaune et blanc bien connu de la papaut�, et le drapeau noir avec une dague et une croix rouge au-dessus d'un cr�ne, avec des tibias crois�s. C'est celui de l'Ordre des j�suites, conforme au symbolisme ma�onnique du grade de ma�tre. La signification des " deux drapeaux " est hautement initiatique.

Sur le drapeau j�suite il est �crit : IUSTUM, NECAR, REGES, IMPIOS - l'extermination des rois, des gouvernements et des dirigeants impies - d'apr�s les lettres INRI appos�es sur la croix du Christ.

Le sup�rieur de l'Ordre tend au novice �lu parmi des dizaines de candidats un crucifix noir qu'il presse sur son c�ur. Il lui pr�sente ensuite une dague que le novice saisit par la lame nue et dont il presse la pointe contre son c�ur. Alors, le Sup�rieur tenant toujours la dague par la garde, lui adresse ces paroles :

" Mon fils, jusqu'ici on vous a enseign� � tenir le r�le de dissimulateur ; parmi les catholiques romains, � �tre un catholique romain, et � surveiller m�me votre confr�re ; � ne croire en personne, � ne faire confiance � personne ; parmi les huguenots, � �tre un huguenot ; parmi les calvinistes, � �tre un calviniste ; parmi les protestants, � �tre un protestant, � obtenir leur confiance pour chercher � pr�cher m�me depuis leurs pupitres et d�noncer avec toute la v�h�mence de votre nature notre sainte religion et le Pape ; descendre aussi bas qu'il le faut, �tre juifs avec les juifs, afin que vous puissiez �tre capable de r�unir toute information pour notre Ordre en tant que fid�le soldat du Pape. "

Note : Pour les J�suites, leur G�n�ral est le " pape noir " - repr�sentant le Pape c�leste -Lucifer.

" On vous a enseign� � planter insidieusement les graines de la jalousie et de la haine entre les communaut�s, les provinces et les �tats qui �taient en paix, � les inciter � des actes de sang, les impliquant mutuellement dans la guerre, et de cr�er des r�volutions et des guerres civiles dans des pays ind�pendants et prosp�res, cultivant les arts et les sciences et jouissant des bienfaits de la paix. De prendre parti avec les combattants et d'agir secr�tement de concert avec votre fr�re J�suite qui peut �tre envoy� de l'autre c�t�, mais ouvertement oppos� � celui dont vous pourriez �tre l'alli�. Seule l'Eglise devra �tre le gagnant � la fin, dans les conditions fix�es par les trait�s de paix et dont la fin justifie les moyens. "

Note : En tant qu'agents du chaos dans l'�ge noir, les J�suites ont la mission de tout subvertir par le conflit pour �tablir des conditions de paix favorables � l'extension de leur politique mondiale. Ce discours n'est donc pas surprenant puisqu'il s'adresse � un novice d�j� averti des buts de l'Ordre, et qui a �t� mis � l'�preuve durant de longues ann�es avant de m�riter l'initiation supr�me.

" On vous a enseign� votre devoir en tant qu'espion, � r�unir toute statistique, fait et information en votre pouvoir depuis toute source ; de vous int�grer dans la confidence du cercle de famille des protestants et h�r�tiques de toute classe et caract�re, aussi bien le marchand, le banquier, l'avocat, parmi les �coles et les universit�s, dans les parlements, les l�gislatures, et dans les conseils judiciaires de l'Etat, et d'�tre " toute chose pour tous les hommes ", par �gard pour le Pape dont nous sommes les serviteurs jusqu'� la mort. "

Note : ce texte a �t� transcrit par des protestants am�ricains qui l'ont sans doute interpr�t� selon leurs pr�jug�s en se pla�ant comme la cible des J�suites, alors qu'en r�alit�, ces derniers ont infiltr� toutes les religions depuis quatre si�cles. D�j� au 17 i�me si�cle ils se vantaient d'avoir p�n�tr� le Brahmanisme, le Shinto�sme et le Confucianisme, en �vitant de nommer le Lama�sme � l'ombre duquel ils install�rent la pseudo " grande loge blanche ". En Europe, la Franc-ma�onnerie fut investie peu apr�s sa fondation, et la plupart des �coles �sot�riques dont les chefs �taient ma�ons.

" Vous avez re�u toutes vos instructions jusque l� en tant que novice, que n�ophyte, et vous avez servi comme coadjuteur, confesseur et pr�tre, mais vous n'avez pas �t� investi de tout le n�cessaire pour commander dans l'arm�e de Loyola au service du Pape. Vous devez servir au bon moment comme instrument et ex�cutant de vos sup�rieurs ; car personne ne peut commander ici s'il n'a pas consacr� ses labeurs du sang de l'h�r�tique : car " sans effusion de sang, personne ne peut �tre sauv� ". Cependant, pour vous adapter dans votre t�che, et rendre votre salut assur�, vous allez, en plus de votre pr�c�dent serment d'ob�issance � votre Ordre et votre all�geance au pape, r�p�ter apr�s moi :

" Moi, X ; � pr�sent, et en pr�sence de Dieu Tout puissant, de Marie la Vierge B�nie, de Michel l'Archange B�ni, de St Jean le Baptiste B�ni, les saints Ap�tres St Pierre et St Paul et tous les saints et les h�tes sacr�s du Ciel, et � toi, mon P�re Spirituel, le Sup�rieur G�n�ral de la Soci�t� de J�sus, fond�e par St Ignace de Loyola, durant le Pontificat de Paul le III �me, et se poursuivant jusqu'� aujourd'hui, de faire par l'ut�rus de Marie, la matrice de Dieu, et par la verge de J�sus-Christ, de d�clarer et jurer que sa Saintet� le Pape est le vice-r�gent du Christ et le vrai et seul dirigeant de l'Eglise Catholique Universelle sur la terre ; et qu'en vertu des cl�s qui ouvrent et qui ferment donn�es par mon Sauveur J�sus-Christ, il a le pouvoir de d�tr�ner les rois, les princes, �tats, commenwealths et gouvernements h�r�tiques, tous �tant ill�gaux sans sa confirmation sacr�e, et qu'ils doivent �tre s�rement d�truits. Par cons�quent, au summum de mon pouvoir, je d�fendrai cette doctrine ainsi que le droit et l'usage de Sa Saintet� contre tous les usurpateurs de l'autorit� h�r�tique ou protestante et tous leurs adh�rents au regard du fait qu'ils sont des imposteurs et des h�r�tiques, s'opposant � la M�re Sacr�e de l'Eglise de Rome.

Je m'engage � pr�sent � renoncer et � d�savouer toute all�geance due � quelque roi, prince ou �tat h�r�tique nomm�s protestants ou lib�raux, � refuser l'ob�issance � n'importe laquelle de leurs lois, magistrats et fonctionnaires. Je d�clare de surcro�t que les doctrines des �glises d'Angleterre et d'Ecosse, des calvinistes, huguenots et autres du m�me acabit que protestants et lib�raux comme �tant damnables, qu'elles se sont damn�es elles-m�mes et que soient damn�es ceux qui ne les abandonneront pas.

Je d�clare de surcro�t que j'aiderai, assisterai et conseillerai tous, quel qu'ils soient, les agents de sa Saintet� partout o� je me trouverai, dans n'importe quel autre royaume ou territoire o� j'irai, de faire mon maximum pour extirper toutes les doctrines h�r�tiques protestantes ou lib�rales et de d�truire tous leurs pr�tendus pouvoirs royaux ou autres.

De plus, je promets et d�clare que, malgr� ce dont je suis dispens�, d'assumer toute religion h�r�tique, pour la propagation de l'int�r�t de la M�re Eglise, de garder secret et priv� tous les conseils d'agents, au fur et � mesure du temps, selon ce qu'ils peuvent me confier, et de ne pas divulguer, directement ou indirectement, par paroles, par �crits ou autres circonstances ; mais d'ex�cuter tout ce qu'ils iront me proposer, tout ce dont ils me chargeront ou d�couvriront, en ton nom, mon P�re Spirituel ou pour quelque convent sacr�.

De plus, je promets et d�clare que je n'aurai aucune volont� par moi-m�me, ou m�me une quelconque r�serve intellectuelle, aussi mort qu'un cadavre, mais ob�irai sans aucune h�sitation � chacun et tout ordre que je peux recevoir de mes sup�rieurs de la Milice du Pape et de J�sus-Christ ; que j'irai dans n'importe quel endroit du monde o� je puisse �tre envoy�, sans murmurer ou rechigner, et que je serai soumis � toutes choses ordonn�es. "

Note : attention, la suite est insoutenable, et l'on comprend la fureur de certaines autorit�s la�ques � l'encontre des J�suites lorsqu'ils lurent ce qui suit :

" Je promets et d�clare de surcro�t que je ferai, d�s que l'opportunit� se pr�sentera, une guerre implacable, secr�tement ou ouvertement, contre tous les h�r�tiques, protestants ou lib�raux, comme je suis dirig� pour le faire, de les extirper et les exterminer de la face de la terre enti�re, et que je n'�pargnerai personne quel que soit son �ge, son sexe ou sa condition, que je pendrai, br�lerai, ferai d�p�rir, ab�merai, �corcherai, �tranglerai, et enterrerai vivant ces inf�mes h�r�tiques ; que j'arracherai les ventres et les matrices de leurs femmes, �craserai les t�tes de leurs enfants contre les murs, afin d'annihiler � tout jamais leur ex�crable race.

Que au cas o� cela ne pourrait pas �tre fait ouvertement, j'utiliserai secr�tement le r�cipient empoisonn�, la corde � �trangler, le fer du poignard ou le plomb de la balle, sans �gard pour le rang, l'honneur, la dignit� ou l'autorit� d'une ou des personnes, quelle que puisse �tre leur condition de vie, publique ou priv�e, puisque je puis �tre somm� de le faire par n'importe quel agent du Pape, ou par un sup�rieur de la Fraternit� de la Sainte Foi, de la Soci�t� de J�sus.

En confirmation duquel, je d�die par la pr�sente mon existence, mon �me et tous mes pouvoirs corporels, et qu'avec cette dague que je re�ois maintenant, je signe de mon nom �crit de mon propre sang, pour attestation ; et s'il est av�r� que je manque par fausset� ou faiblesse dans ma d�termination, que mes fr�res et soldats de la Milice du Pape me tranchent les mains et les pieds, et la gorge d'une oreille � l'autre, que mon ventre soit ouvert et qu'on y br�le du soufre, avec toutes les punitions qui puissent m'�tre inflig�es sur terre, et que mon �me soit tortur�e par les d�mons dans un enfer �ternel. "

Note : les ch�timents du ren�gat J�suite sont identiques � celles dont on menace l'initi� Franc-ma�on, ce qui confirme � l'�vidence l'origine r�elle de la Franc-ma�onnerie moderne dont on voit mal les adeptes, bourgeois libre-penseurs, inventer de telles menaces pour eux-m�mes. La signature du pacte par le sang est le rite ultime de l'engagement sataniste.

Cette d�claration de foi explique les g�nocides modernes et pourquoi des t�moins affirment avoir vu des j�suites diriger des massacres en personne durant la derni�re guerre mondiale.

Et le Rwanda, et le Cambodge ? Nous savons qu'au Rwanda les appels au meurtre furent lanc�s depuis la chaire des �glises.

" Par tout cela, moi X, jure sur la Sainte Trinit� et le saint Sacrement, que je suis sur le point de recevoir, de c�l�brer, quant � moi, invariablement ; que je dois faire appel � tous les h�tes c�lestes et glorieux du Ciel pour �tre t�moins de mes r�elles intentions de conserver ceci en tant que serment.

En t�moignage de cela, je prends ce haut et saint sacrement de l'Eucharistie, et de surcro�t m'en porte t�moin, de mon nom �crit de la, pointe de cette dague tremp�e dans mon propre sang et scell� devant ce saint convent.

Le sup�rieur : " Tu te tiendras � pr�sent sur tes pieds et je t'enseignerai le cat�chisme n�cessaire pour que tu fasses conna�tre � tout membre de la Soci�t� de J�sus appartenant � ce grade.

En premier lieu, en tant que Fr�re J�suite, tu feras avec un autre Fr�re, le signe ordinaire de la croix comme n'importe quel catholique romain le ferait ; ensuite l'un de vous croise ses poignets, paumes des mains ouvertes, l'autre croise ses pieds l'un par-dessus l'autre ; le premier pointe de son index droit le centre de sa paume gauche, tandis que l'autre de son index gauche pointe le centre de sa paume droite, puis le premier de sa main droite fait un cercle autour de sa t�te, en la touchant ; ensuite l'autre de l'index de sa main gauche touche le c�t� gauche de son corps juste sous son c�ur, puis le premier de sa main droite mime le geste de trancher la gorge de l'autre, puis l'autre de sa main droite fait le geste de couper � la dague l'estomac et l'abdomen du premier.

Le premier dit alors IUSTUM ; l'autre r�pond NECAR ; puis le premier dit REGES, et l'autre r�pond IMPIOS. Le premier va alors pr�senter un petit morceau de papier pli� d'une fa�on particuli�re quatre fois, que l'autre va couper longitudinalement en l'ouvrant, on trouvera le nom IESU �crit sur la t�te et sur les bras trois fois. Ensuite vous donnerez et recevrez les questions et r�ponses suivantes :

Q : D'o� venez-vous ?

R : Des rives du Jourdain, du calvaire, du Saint-S�pulcre et pour finir de Rome.

Q : Qui servez-vous ?

R : Le saint P�re de Rome, le Pape, et l'Eglise catholique Romaine universelle partout dans le monde.

Q : Qui vous commande ?

R : Le successeur de St Ignace, le Fondateur de la Soci�t� de l'Eglise ou Soldats de J�sus-Christ.

Q : Qui vous a re�u ?

R : Un v�n�rable homme aux cheveux blancs.

Q : Comment ?

R : Avec une dague nue, et moi m'agenouillant sur une croix sous les drapeaux du Pape et de notre Ordre Sacr�.

Q : Avez-vous pr�t� serment ?

R : Oui, de d�truire les h�r�tiques ainsi que leurs gouvernements et dirigeants, et de n'�pargner personne quel que soit l'�ge, le sexe ou la condition. D'�tre comme un cadavre sans aucune opinion ou volont� par moi-m�me, mais d'ob�ir implicitement mes sup�rieurs pour toutes choses sans h�sitation ni murmure.

Q : Le ferez-vous ?

R : Oui.

Q : Comment voyagez-vous ?

R : Dans la barque de Pierre le p�cheur.

Q : O� voyagez-vous ?

R : Aux quatre coins du globe.

Q : Dans quel but ?

R : Pour ob�ir aux ordres de mon G�n�ral et de mes sup�rieurs, et ex�cuter la volont� du pape, et accomplir fid�lement les conditions de mon serment.

R : Alors, va partout dans le monde, et prends possession de toutes les terres au nom du Pape. Celui qui ne l'acceptera pas en tant que Vicaire de J�sus et de son Vice-R�gent sur terre, qu'il soit maudit et extermin�. "

Note: Certains papes se sont dress�s contre la main-mise des J�suites sur l'Eglise. L'ordre des J�suites fut supprim� par le pape Cl�ment XIV en 1773, mais n'en continua pas moins son oeuvre.

Note de Nenki: maintenant que vous avez lu ce etxte, vous comprendrez que toutes les initiations des hauts degr�s de la "Fraternit�" (Skul & Bones, Crane et Os, Boh�mian Club, etc..) exigent les m�mes serments soit le don total de soi et de son �me. Ceci semble un pacte diaboliquement dessin� pour obtenir un candidat de Manchourie parfait. Car existe-t-il plus haut id�al que de servir Dieu et sa cause. Mais de quel Dieu fait-on mention ici ? Je ne peux vous le dire car mon Dieu n'a pas de cause et n'exige pas de moi que je le serve et lui donne mon argent ou mon �nergie. C'est plut�t l'inverse.