jeudi 20 juillet 2006, 15:33
A l'occasion d'une conférence de presse organisée vendredi à Bruxelles par Mgr Jean Abboud, secrétaire particulier de l'archevêque de Tripoli, le professeur Bachir Cham a indiqué par téléphone que les cadavres ne sont pas habituels. Suite à l'explosion, il n'y a pas eu d'hémorragie, ni d'hématome sous-cutané. Les cheveux et parfois la barbe et la moustache sont restés intacts. Il n'y a pas de traces d'un souffle. La couleur de la peau est noire comme une chaussure mais elle n'est pas calcinée, ni brûlée.
Huit corps à l'allure de momies ont été apportés à cet hôpital lundi. Des photographies ont été prises des corps. Deux corps d'enfants ne présentaient aucune blessure suite à l'explosion. J'ai l'impression qu'un produit toxique pénètre dans le corps par la peau. La mort est presque certaine à 100%, a-t-il ajouté.
Le général Michel Aoun, ancien premier ministre libanais, a déclaré, également par téléphone, que des bombes à gaz dont on ignore le contenu avaient dégagé un odeur étrange. Depuis le début des évènements au Liban, 350 personnes seraient décédées et 1.000 autres blessées selon le général Michel Aoun qui a réclamé un dialogue et un respect du droit.
Le professeur belgo-libanais de relations internationales à l'université de Mons Haïssam Safar a considéré que les armes chimiques étaient une chose inadmissible qui ne pouvait laisser personne indifférent. Le professeur Rudolf El Kareh a affirmé qu'une solution humanitaire avec une ouverture d'un corridor n'était pas suffisante mais qu'il fallait donner une réponse politique. Il faut s'attaquer à la cause et non aux effets, a-t-il dit, en réclamant une intervention de l'Union européenne. Il a salué la prise de position de l'Espagne.
Mgr Jean Abboud a annoncé son intention de partir avec une délégation en Israël afin de rencontrer des autorités politiques du pays et obtenir la libération de prisonniers libanais, indispensable selon lui pour mettre un terme à la guerre. Je suis confiant. J'attends juste le feu vert des autorités israéliennes pour qu'on puisse partir. Des professeurs et avocats de Belgique ont déjà exprimé leur volonté de partir aussi, a-t-il dit.
Mgr Jean Abboud a vécu cinq ans en Israël, entre 1976 et 1980. Je n'ai rencontré aucun problème là-bas. Ce sont cinq années inoubliables. Tout le monde n'acceptait pas forcément ce que je disais mais je n'ai jamais eu de difficultés.
(D'après Belga)
AFP
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© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2006
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