Massacres de l'OTS : les chemins du blanchiment passeraient-ils par Axa-Luxembourg ?
Communiqué de presse, Christian Cotten, 14 juillet 2003
Le 13 juin 2001, Claude Bébéar,
patron du groupe financier Axa Assurances, était mis en
examen dans une vaste affaire de blanchiment et de fraude fiscale
via quelques filiales de son groupe et notamment la société
Luxembourgeoise PanEuroLife. L'affaire fit en son temps couler
beaucoup d'encre, à un moment où ce grand patron
français, qui fit chuter Messier, présidait aussi
le comité français pour les Jeux Olympiques de 2008.
Ce que l'on sait moins, c'est que le même homme, plus récemment,
a été mis en examen pour une autre affaire d'escroquerie
financière, en compagnie d'une trentaine de personnages
retenus comme témoins assistés ou mis en examen
- dont de nombreux cadres dirigeants d'Axa-Assurances - dans un
dossier sordide de contrats d'assurances détournés
pour blanchir des fonds de provenance et de destination obscures.
Et où l'on découvre le nom d'un membre de la famille
de Jo Di Mambro, l'ancien dirigeant de l'Ordre du Temple Solaire
mort en Suisse en octobre 94. Plus celui de plusieurs responsables
de l'AMORC (Ancien et Mystique Ordre des Rose-Croix).
Résumons brutalement : selon nos informations, des contrats
d'assurance-vie gérés par une agence Axa au Luxembourg,
auraient servi à blanchir des fonds issus de trafics de
produits nucléaires, gérés par certains dirigeants
de l'Ordre du Temple Solaire. Et la mort opportune des 74 membres
de l'Ordre du Temple Solaire aurait permis de récupérer
discrètement et facilement une part de ces fonds pour des
destinations pas tout à fait inconnues et de justifier
la disparition du reste
Résumons encore plus brutalement : Axa-Assurances et ses
dirigeants auraient participé à la gestion de commissions
occultes de 100 millions de dollars versées à des
organisations politiques européennes et issues d'un contrat
de retraitement de produits nucléaires destiné à
l'Iran et interdit par la CIA au début des années
90
Avec Jo Di Mambro, l'OTS et certains hommes d'affaires
genevois comme grands intermédiaires. À la fin de
l'histoire : 74 morts en 94/95 et 100 millions de dollars escroqués
par certaines organisations politiques européennes occultes
aux États d'Iran et d'Arabie Saoudite, le tout avec la
complicité (involontaire ?) du groupe Axa.
Moins brutal mais encore plus clair : 74 morts de l'OTS, rentabilité
financière assurée pour les blanchisseurs dans la
grande lessiveuse Axa-Assurances, patron Claude Bébéar.
Mais, bien entendu, il ne s'agit ici que d'hypothèses de
travail, fondée sur seulement 30 tomes d'instruction et
29 personnes impliquées, plusieurs années d'enquête
de quelques magistrats fragiles qui crient au secours devant un
dossier multiforme où les réseaux maçonniques
se mobilisent pour protéger les criminels et les financiers
complices. Et pour le moment, la preuve formelle n'a pas encore
été faite que M. Bébéar avait conscience
du fait que ses beaux contrats d'assurance-vie étaient
abusivement détournés de leur usage officiel
Qui donc savait cela ? Personne ?
Le Tribunal d'Évry a produit depuis 96, concomitamment
à l'instruction de l'affaire OTS, près de 30 tomes
d'instruction sur ce volet financier superbement ignoré
par le juge Fontaine de Grenoble
Instruction bloquée
par les personnes impliquées pendant 18 mois en appel et
enfin débloquée en cette année 2003 : à
ce jour, le dossier est en attente de règlement, c'est-à-dire
de passage devant un tribunal correctionnel
d'ici trois
ans ou jamais selon les pressions qui seront faites, ou d'ici
trois mois si la presse et l'opinion publique demandent la vérité.
Ou peut-être même encore plus vite, si d'aucuns réussissent
à imposer le traitement de ce dossier par le Tribunal de
Grenoble le 22 septembre prochain, date de l'ouverture du procès
en appel de Michel Tabachnik, un des anciens dirigeants de l'OTS.
Reprenons posément cette invraisemblable affaire.
Nous sommes au début des années 90. Le mur de Berlin
est tombé, les généraux russes ont besoin
d'argent et ils ont pas mal de produits nucléaires en stock.
Certains états en voie de développement, comme l'Iran
par exemple, ont besoin d'uranium retraité, pour faire
tourner les deux centrales nucléaires vendues par la France.
Certains hommes d'affaires genevois, parfois liés par leurs
familles à l'Ukraine, ou d'autres, lybiens célèbres
du côté de l'Élysée ou du salon de
Marie Laforêt, ont besoin de faire des affaires.
La société Hydro-Québec, sait, elle, parfaitement
bien retraiter l'uranium d'origine militaire pour le rendre utilisable
par une centrale civile. Et nombre de ses cadres dirigeants sont
membres de l'Ordre du Temple Solaire. Certains meurtres de l'affaire
seront d'ailleurs commis au Québec.
Un certain Jo Di Mambro, créature issue de l'Ordre des
Rose-Croix, fidèle ami de nombreux ordres templiers et
loges maçonniques, en lien avec la loge P2 italienne, proche
de ces réseaux affairistes et anticommunistes qui produisirent
en leurs temps le SAC de M. Pasqua et de multiples et sordides
affaires mafieuses, est le personnage idéal pour servir
d'intermédiaire et de porteur de valises : il n'a pas peur
de l'argent sale, puisque ses compétences en ésotérisme
lui donnent, croit-il, le pouvoir de transmuter l'argent sale
en monnaie propre
Est alors monté un énorme contrat tripartite d'environ
un milliard de dollars : Iran - Russie - Hydro-Québec,
aux termes duquel l'Iran doit prendre livraison de quelques produits
nucléaires qui l'intéressent fort pour faire tourner
ses centrales achetées à l'industrie atomique française
Comment imaginer en effet que les organisations politiques françaises
et européennes ne touchent pas leur part d'un tel contrat,
tout comme pour les contrats du pétrole a - fric - ain
?
Mais la CIA - une de ses branches - veille au grain
et interdit
ce contrat.
Or, pas de chance, les commissions habituelles à ce genre
de contrats internationaux sont dites avoir déjà
été versées aux organisations politiques
européennes qui ont couvert la signature du contrat
Et il n'est pas question de rembourser ce qui a déjà
été dépensé pour partie, que voulez-vous,
mon bon monsieur, la vie politique, cela coûte cher
Comment faire ?
C'est simple. Les adeptes naïfs du Temple Solaire vont faire
l'affaire. Organisons donc une série de beaux faux suicides
- vrais massacres, frappons les esprits et accusons Jo Di Mambro
d'avoir détourné les fonds. Ainsi, l'Iran, financé
en arrière par l'Arabie Saoudite, ne pourra rien dire :
certes, ils viennent de perdre 100 millions de dollars, mais que
voulez-vous, nous aussi (hommes d'affaires genevois, jamais inquiétés
ni interrogés par M. Luc Fontaine, alors même que
la femme de l'un d'eux est morte dans les massacres de l'OTS
),
nous aussi, nous avons été floués par Di
Mambro
il nous a volés
C'est compliqué ? Pas du tout : nous sommes là dans
des processus classiques de grands trafics financiers et commerciaux
internationaux où la vie humaine compte bien peu et où
les organisations politiques " taxent " les transferts
de fonds de façon tout à fait habituelle et banale,
via, précisément, l'aide efficace de quelques grandes
compagnies comme Axa-Assurances. Quand le jeu dérape, que
des partenaires se fâchent, il y aura bien assez de policiers,
de militaires ou de petites frappes ou gros et gras barbouzes
dans les ordres templiers ou les loges maçonniques pour
trouver la main-d'oeuvre nécessaire et suffisante au sale
boulot (74 morts dans les massacres de Suisse, du Québec
et du Vercors, plus Grâce de Monaco et Mme Ghislaine Marchal
- affaire Omar Raddad -, sans compter ceux que l'on ignore et
qu'une enquête pourrait déterminer.
Alors, bien entendu, les parties civiles en cette affaire ont
un peu de mal. Ils en perdent certains papiers dans certains couloirs
ou sur certains chariots et comme par hasard des lecteurs attentifs
qui passaient par là trouvent le moyen de raconter à
l'extérieur ce qu'ils viennent de découvrir
Non, soyons sérieux, nous inventons tout cela, pour rire.
Pardon aux morts.
En réalité, plusieurs procédures assez complexes
touchent actuellement le groupe Axa et ses dirigeants. Parmi elle,
une procédure de détournements de centaines de millions
de francs de TVA européenne, en lien avec le marché
du lait
Ce sont les consommateurs et les citoyens qui paient.
Et comme par hasard, l'on retrouve dans cette procédure-là
la même agence Axa-Luxembourg que celle concernée
par les vrais-faux contrats d'assurance où apparaît
le nom de Di Mambro
Mais aucun dirigeant de ce beau grand groupe international fleuron
du capitalisme libéral franco-français maçonnique
n'a conscience un seul instant que ses contrats d'assurance si
légaux dans chaque pays sont détournés de
leurs usages légitimes pour fluidifier de grands trafics
internationaux et criminels conduits aux dépens des citoyens
et de la démocratie et au profit de quelques grands prédateurs
violents et paranoïaques.
Qu'est-ce qu'une compagnie internationale d'assurances et une
obscure agence locale d'un si petit pays - le Luxembourg - vient
faire dans le dossier de l'OTS ?
Justement, c'est tellement simple que jamais l'on aurait pu imaginer
une chose pareille, mon bon monsieur
Vous croyez que le
monde est si méchant et si pervers ?
Restons simples : n'importe qui peut ouvrir un contrat d'assurance-vie
sur la tête de n'importe qui, il suffit de présenter
une pièce d'identité, vraie ou fausse. Contrat géré
hors loi française, par exemple. Donc, hors succession,
puisque hors territoire. Quand la personne meurt, celui qui a
ouvert le contrat récupère ou fait récupérer
l'argent par qui il veut - homme politique, par exemple ? - puisque
le titulaire du contrat n'était même pas lui-même
au courant qu'il servait de prête-nom à une procédure
parfaitement simple et efficace de blanchiment de commissions
Il était évidemment facile pour les dirigeants de
l'OTS, Jo Di Mambro en particulier, d'avoir un bon nombre de cartes
d'identités de membres de l'OTS
Ouverture de contrat
d'assurance-vie signifiait alors mort sur ordonnance, au terme
de quelques mois ou années.
Il est tout de même un peu gênant que le juge Luc
Fontaine de Grenoble n'ait jamais exploré cette piste-là.
Il faut dire que pour repérer les noms des titulaires des
contrats d'assurance-vie détournés d'Axa-Luxembourg,
il faut aux juges se lever de bonne heure, tant les circuits de
comptabilité occulte sont parfaitement au point. Ces contrats
sont montés pour être les plus permissifs possible
: une simple procuration permet des transferts de fonds importants
et quand les titulaires meurent, plus de traces nulle part
Mais repérer la similitude des banques entre les circuits
Axa et les circuits OTS/Di Mambro aurait été parfaitement
possible au juge Fontaine, qui préféra, comme on
le sait, conclure pour le Vercors sur la thèse invraisemblable
du suicide ésotérique en vase clos
Le pauvre, il a été menacé de mort, pensez-donc,
mon bon monsieur, on ne va tout de même pas attendre d'un
pauvre juge d'instruction d'un obscur tribunal de province qu'il
ait le courage d'une Éva Joly, cette femme improbable,
norvégienne étrange, étrangère égarée
dans l'honorable magistrature parisienne, qui ose remettre en
cause les criminels d'état et demander la création
d'un délit de " grande corruption "
Et puis, pour traiter des dossiers de grande corruption, il faut
regrouper les dossiers et non les saucissonner en de multiples
procédures suivies par de multiples juges qui ne se rencontrent
jamais
Sauf que : le nombre de procédures qui concernent aujourd'hui,
d'un côté le groupe Axa et en particulier ses agences
du Luxembourg et d'autre part, l'affaire de l'OTS, est tel que,
justement, les magistrats commencent à causer entre eux.
Et comme ils parlent assez fort et que nos systèmes d'écoute
sont au moins aussi sophistiqués que d'autres plus coûteux
A propos, j'allais oublié : il y a environ 18 mois, le
conseiller Sécurité de Claude Bébéar
a conduit une mission au Luxembourg, pour négocier avec
les autorités ce qu'ils allaient dire dans toutes ces affaires
étranges qui s'accumulent à l'horizon d'Axa et assombrissent
de plus en plus son futur
Il s'agit de M. Charles de Mauduit,
créateur par ailleurs d'une école de formation pour
responsables de sécurité, installée dans
l'enceinte de l'école Militaire (Bâtiment du Tailleur).
Par hasard, il paraîtrait que ce monsieur est aussi un habitué
de certains dîners avec ce bon Charles. Qui, paraît-il
toujours, aurait fait savoir au juge Luc Fontaine concernant le
dossier OTS : " secret d'état - secret défense
" et autre discours en langue de bois, pour protection universelle
des dossiers de corruption les plus lourds et les plus criminels.
Le dossier des massacres de l'OTS, des trafics d'armes et du blanchiment
d'argent qui y sont liés n'est pas clos : il se pourrait
même que nous soyons encore aux prolégomènes.